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Afrique du Sud : des milliers de travailleurs et travailleuses soutiennent la grève nationale

28.09.2017

Des milliers de travailleurs et travailleuses sont descendus dans les rues et ont défilé dans les rues de 13 villes à travers toute l’Afrique du Sud en soutien à la grève nationale de ce 27 septembre contre la captation de l’État et la corruption. Cette grève, un mouvement protégé en vertu de la loi, a été décrétée par le COSATU (Congrès des syndicats sud-africains). Les affiliés d’IndustriALL, le Syndicat de la chimie, de l’énergie, du papier, de l’impression, du bois et des secteurs connexes, le Syndicat national des mineurs et le Syndicat sud-africain des travailleurs de l’habillement et du textile ont pris part à la grève.

La notion de captation de l’État fait référence à l’ingérence par la corruption d’intérêts commerciaux dans les affaires de l’État. La famille Gupta a été visée en particulier par un rapport de celle qui était alors Médiatrice de la République, Thuli Madonsela, comme étant impliquée dans la nomination de ministres et dans l’adjudication de contrats publics. Le COSATU, qui exige qu’une commission d’enquête judiciaire se penche sur la captation de l’État soutient l’argument selon lequel la corruption menace les droits socio-économiques des travailleurs. De plus, elle sape “L’État constitutionnel et propice au développement qui tente de rencontrer la détresse des pauvres et des travailleurs.”

Dans un tract du Cosatu on lit :

“La captation de l’État et le cancer que représente la corruption sont des actes immoraux et criminels, qui spolient le peuple d’Afrique du Sud de ses moyens d’existence, volent ses ressources naturelles, provoquent des pertes d’emplois et perpétuent la pauvreté.”

À Johannesburg, des pétitions ont été remises à la Ville de Johannesburg, à des banques et institutions financières ainsi qu’à la Chambre des Mines, dans lesquelles les pertes d’emploi sont condamnées. Les syndicats se sont engagés à poursuivre leur combat contre la fermeture de cinq centrales électriques au charbon. Ceci démontre que la politique du gouvernement en matière d’énergies renouvelables ne promeut pas une Transition juste, mais sacrifie des emplois. Promouvoir des producteurs indépendants du secteur des énergies renouvelables revient à privatiser l’entreprise étatique d’énergie ESKOM.

Le scandale impliquant les Gupta a éclaboussé et terni l’image d’entreprises internationales comme Bell Pottinger et KPMG.

Fabian Nkomo, Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, a déclaré :

“Nous saluons les travailleurs et travailleuses sud-africains qui se dressent contre la captation de l’État et la corruption. Les politiques néo-libérales qui promeuvent un recul de l’emploi et le contrôle des entreprises étatiques par des intérêts privés doivent se heurter à la résistance des travailleurs et travailleuses.”