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Les syndicats s'efforcent de chasser Rio Tinto du podium olympique

22.04.2012

Des syndicalistes et des travailleurs et travailleuses ont remis des répliques de médailles olympiques aux actionnaires de Rio Tinto en leur disant: 'Ne laissez pas Rio Tinto ternir les Jeux Olympiques'. Ils ont soulevé des questions, aujourd'hui 19 avril 2012, à la réunion générale annuelle de l'entreprise à Londres.

MONDE: Les syndicats des mineurs et des métallurgistes du monde entier font campagne pour que la multinationale minière Rio Tinto ne fournisse plus l'or, l'argent et le bronze nécessaires à la fabrication des médailles aux Jeux Olympiques de Londres en juin prochain.

Rio Tinto, qui sponsorise les Jeux Olympiques de 2012, fournit 99 pour cent du métal servant à la frappe des médailles olympiques à Londres, ternissant ainsi les Jeux par les pratiques de travail condamnables de l'entreprise.

En protestant à la réunion générale annuelle de Rio Tinto à Londres, Marc Maltais, président de la section 9490 du syndicat United Steelworkers (USW), représentant les salariés lock-outés d'une fonderie de Rio Tinto, a déclaré: "Les athlètes de haut niveau mondial méritent des médailles qui ne soient pas souillées par la brutalité du traitement infligé par Rio Tinto à ses travailleurs et travailleuses et à leurs communautés".

La campagne (http://www.offthepodium.org/) s'est développée avec le soutien de près de 800 métallurgistes canadiens et membres de l'USW victimes d'un lock-out dans une fonderie rentable de Rio Tinto, en raison de leur refus d'accepter un plan qui contient de nouvelles dispositions sur l'insécurité du travail avec une réduction salariale de 50 pour cent.

Les salariés à Alma, Québec, font l'objet d'un lock-out qui les empêche de travailler depuis le 30 décembre, et pendant ce temps, la fonderie est à l'arrêt, a dit Ken Neumann, directeur national canadien de l'USW.

Une campagne de LabourStart a actuellement lieu pour soutenir les travailleurs et travailleuses. Envoyez ici un message au Comité international olympique (CIO) en demandant l'exclusion de Rio Tinto du podium.  

Le lock-out de ces travailleurs et travailleuses au Québec constitue une infraction aux obligations de Rio Tinto de jouer franc-jeu comme le prévoit la Charte olympique, a déclaré Manfred Warda, secrétaire général de la Fédération internationale des syndicats de travailleurs de la chimie, de l'énergie, des mines et des industries diverses (ICEM).

"Rio Tinto voudrait pouvoir se délecter de la gloire des Jeux Olympiques, mais l'entreprise traîne de sombres états de service sur le traitement réservé à son propre personnel", a déclaré Warda.

Une partie de la délégation de l'USW et des représentants de syndicats internationaux ont participé à l'assemblée générale annuelle, comme on peut le voir ici, où ils ont soulevé des questions et contesté la décision de la direction au sujet du lock-out de son personnel.

David Cockroft, secrétaire général de la Fédération internationale des ouvriers du transport, qui était à la manifestation, a dit: "Rio Tinto est l'une des entreprises les plus agressivement antisyndicales dans l'industrie minière. Elle mérite donc faire l'objet d'une surveillance et d'une action continuelles de la part des syndicats et des travailleurs et travailleuses tout le long de sa chaîne d'approvisionnement mondiale.

"À l'assemblée générale annuelle, le directeur général de Rio Tinto, Tom Albanese, a toutefois affirmé que l'entreprise était maintenant prête à négocier avec les syndicats. Il faudra voir s'il peut tenir cette promesse".

Dans le cadre de son soutien à l'action engagée à l'assemblée générale annuelle de Rio Tinto à Londres, Unite a organisé une réunion avec des membres du Parlement ayant de la sympathie pour les syndicats, pour présenter une proposition de loi Early Day Motion destinée à attirer l'attention de leurs collègues au Parlement britannique sur cette question.

Pendant ce temps, des syndicats ont assisté à une conférence internationale minière à Sydney, Australie, du 17 au 19 avril, qui a décidé de lancer une campagne mondiale contre l'entreprise. La conférence mondiale minière de l'ICEM à Sydney a adopté une résolution où il est noté que Rio Tinto, comme beaucoup d'autres sociétés minières transnationales, a enregistré une forte croissance de ses bénéfices, tout en adoptant des pratiques brutales et contraires à l'éthique. Voir ici pour plus de détails.

"Parmi les autres entreprises qui appartiennent à ce puissant courant anti-ouvrier et anti-environnement dans l'industrie minière mondiale, Rio Tinto est la pire", a affirmé Jyrki Raina, secrétaire général de la FIOM.

"Cette campagne contre Rio Tinto en est seulement à son début. Des syndicats du monde entier ont décidé aujourd'hui, à une conférence internationale minière, de lancer une campagne mondiale à long terme contre Rio Tinto et ses pratiques anti-ouvrières et anti-syndicales", a ajouté Raina.

Pour plus de photos sur l'action à Londres, cliquer sur:
http://www.flickr.com/photos/imfmetal/sets/72157629853279091/
et
http://www.flickr.com/photos/itf/sets/72157629852526685/