Lock-out chez Caterpillar au Canada

13.01.2012 

Les travailleurs et travailleuses de l'usine Electro-Motive Diesel (EMD) en Ontario, Canada, qui appartient à Caterpillar, ont été les victimes d'un lock-out pour la Saint Sylvestre à l'expiration du contrat, après avoir voté massivement en faveur de la grève, sauf si la direction décidait de retirer ses demandes de concession.

CANADA: Quatre cent vingt-cinq travailleurs et travailleuses se sont trouvés lock-outés par le constructeur de locomotives après l'échec des négociations. L'entreprise avait exigé des coupes salariales de plus de 50 pour cent, l'abandon du régime de retraite actuel et des taux plus bas de supplément salarial pour heures supplémentaires. Elle voulait également réduire considérablement la couverture de santé, les quatre jours fériés payés et les congés annuels, ainsi que d'autres prestations.

La demande concernant la réduction salariale allait provoquer une baisse du salaire horaire de 35 à 16,50 dollars canadiens de l'heure. Les 650 membres du syndicat Canadian Auto Workers (CAW) avaient voté précédemment à 98 pour cent en faveur de la grève si la direction n'améliorait pas l'offre de l'entreprise.

La multinationale Caterpillar qui fabrique des équipements de terrassement avait acquis en août 2010 pour 820 millions de dollars US l'usine EMD à London, Ontario, auprès des investisseurs privés Greenbriar Equity Group et Berkshire Partners. Les deux sociétés de financement avaient acquis l'usine EMD en 2005 pour le quart de ce montant auprès de General Motors, quand GM avait vendu ses activités qui n'entraient pas dans la construction automobile. Depuis, l'entreprise a obtenu d'importants allégements fiscaux au Canada.
CAW soupçonne maintenant l'entreprise de vouloir déplacer sa production sur des sites non syndiqués.

Le président de la fédération du travail de l'Ontario (Ontario Federation of Labour - OFL) Sid Ryan a déclaré: "Il s'agit pour nous d'un combat crucial pour l'ensemble du mouvement ouvrier, et nous allons faire face et nous battre avec toute notre énergie contre Caterpillar ".

Le président du CAW, Ken Lewenza, affirme que le lock-out est "une attaque grave contre les travailleurs et travailleuses, contre leurs familles et l'ensemble de la communauté du grand-London".

"Si cette entreprise (Caterpillar) décide de ne pas rester installée au Canada, cette baisse des salaires est destinée à en faire porter la responsabilité par les travailleurs et travailleuses".

À la mi-décembre, le CAW a déposé formellement une plainte auprès du gouvernement contre Caterpillar pour infraction à la loi sur l'investissement du Canada.

Un meeting de protestation est prévu pour le samedi 21 janvier 2012 à London, Ontario, et d'autres évènements sont également prévus pour le 26 janvier - quand Caterpillar publiera son rapport annuel.

Voir également un rapport détaillé sur le site de l'ICEM ici.

Ce lock-out est semblable au lock-out qui a frappé 755 travailleurs de la fonderie de Rio Tinto Alcan au Québec, dont il est rendu compte sur ce site.

IMF Solidarity letter to CAW members (pdf)

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