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Cinq ans après le Rana Plaza, la nécessité de l’Accord du Bangladesh Accord persiste

18.04.2018

À quelques jours de la date anniversaire de la catastrophe du Rana Plaza qui a tué 1.134 travailleurs et travailleuses, les fédérations syndicales internationales et des organisations de défense des droits des travailleurs appellent les enseignes qui s’approvisionnent au Bangladesh à prendre leurs responsabilités vis-à-vis des travailleurs qui fabriquent leurs produits en signant le renouvellement de l’Accord sur la sécurité incendie et la sécurité des bâtiments au Bangladesh.

L’Accord de transition de 2018 reprendra le travail de l’Accord en vigueur lorsqu’il expirera en mai et assurera que le travail se poursuivra en matière de sécurité des usines. Le taux de remédiation au niveau de l’ensemble des usines concernées par l’Accord est de 84%. Les organisations syndicales internationales revendiquent que toutes les enseignes produisant au Bangladesh signent l’Accord de transition de 2018.

La Secrétaire générale adjointe d’IndustriALL Global Union, Jenny Holdcroft, déclare :

“Les enseignes qui ne signent pas l’Accord 2018 font figure de resquilleurs par rapport à celles qui ont signé, en bénéficiant du fait de pouvoir se fournir auprès d’usines plus sûres sans contribuer à l’effort conjoint. Le soutien à l’Accord est critique dès lors qu’il n’existe toujours pas d’organe de régulation national efficace qui soit en place pour pouvoir garantir la sécurité des usines.”

Cet Accord, juridiquement contraignant, signé entre IndustriALL Global Union, UNI Global Union et 222 marques de vêtements, a été mis sur pied en réponse à l’effondrement de l’usine de Rana Plaza, dans la banlieue de Dacca, le 24 avril 2013. Le programme de sécurité de l’Accord a permis de sauver des vies et a spectaculairement amélioré la sécurité des usines de confection au Bangladesh.

La Secrétaire générale adjointe d’UNI Global Union, Christy Hoffman, indique : “Nous sommes préoccupés d’entendre des bruits en provenance du Bangladesh selon lesquels il y aurait une opposition à ce que l’Accord poursuive son importante mission au-delà de mai. Il est clair que pour de nombreuses enseignes en vue, le renouvellement de l’Accord est essentiel au maintien de leur relation d’affaire au Bangladesh jusqu’à ce que son travail puisse  en être repris par un organe national crédible."

À ce stade, 144 enseignes de stature mondiale ont signé le nouvel Accord 2018, qui couvre plus de 1.300 usines et environ deux millions de travailleurs et travailleuses.

IndustriALL, UNI et les signataires témoins de l’Accord (Clean Clothes Campaign, International Labor Rights Forum, Maquila Solidarity Network et Worker Rights Consortium)  appellent toutes les enseignes qui se fournissent au Bangladesh à signer l’Accord 2018, dont des marques comme GAP et Walmart, qui avaient rejoint l’Alliance for Bangladesh Worker Safety, qui arrive à expiration, ainsi que toutes les autres enseignes qui n’ont jamais rejoint l’Accord alors qu’elles continuent à faire des affaires au Bangladesh.

“L’effondrement du Rana Plaza a démontré que les audits traditionnels avaient manqué à leur devoir par rapport aux travailleurs et travailleuses et qu’en l’absence d’une alternative crédible capable de rendre des comptes, la poursuite de l’Accord juridiquement contraignant est nécessaire pour prévenir une autre catastrophe,” indique Judy Gearhart, Directrice exécutive d’International Labor Rights Forum. “Il doit en être pris acte par les enseignes qui n’ont pas encore renouvelé leur engagement par rapport à l’Accord de transition de 2018 et par celles qui faisaient partie de l’Alliance et qui doivent prendre des dispositions immédiates pour rejoindre l’Accord.”

Ineke Zeldenrust, Coordinatrice internationale de Clean Clothes Campaign, ajoute : “Il est vital que les plans existants en vue de créer un système d’assurance invalidité pour les salariés au Bangladesh soient accélérés, pour assurer qu’en cas d’incident dans une usine, les travailleurs et travailleuses puissent compter sur un système fiable pour leur fournir une indemnisation.”

L’Accord de transition de 2018 entérine l’importance de la Liberté syndicale pour assurer que les travailleurs et travailleuses aient un réel mot à dire dans la protection de leur propre sécurité.