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Comment Glencore a fait état des décès en Zambie

Glencore doit s’expliquer pour les décès non-répertoriés au sein de ses mines de Zambie

05.06.2018

IndustriALL Global Union met en cause la manière dont Glencore rend compte des décès qui surviennent dans le cadre de ses activités minières en Zambie.

IndustriALL a été informée de trois décès au niveau des activités de Glencore en Zambien en 2017. Glencore n’a fait état que d’un décès et sa filiale zambienne prétend qu’il n’y en a eu aucun.

Glencore exploite des mines de cuivre en Zambie par le biais de son actionnariat majoritaire au sein de Mopani Copper Mines.

Le Président-directeur général de Glencore Ivan Glasenberg, en présentant les résultats du premier trimestre 2018, a parlé du bilan de l’entreprise en 2017 au niveau de la santé et de la sécurité en indiquant “le domaine dans lequel nous avons beaucoup de succès est le cuivre en Afrique, au niveau duquel nous n’avons enregistré qu’un seul décès en 2017, ce qui représente le plus faible bilan de tous les temps dans une de ces régions et pour lequel nous avons consenti beaucoup d’efforts. Il semble que nous connaissions le succès là-bas…”

Au cours de l’assemblée générale annuelle de Glencore, ce 2 mai, après que le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a exprimé des inquiétudes au sujet de l’exactitude du rapport de l’entreprise en matière de santé, sécurité et environnement (SSE), le Président de Glencore Tony Hayward a déclaré “Je suis en complet désaccord avec vous en ce qui concerne la qualité de notre rapport SSE… Je réfute complètement votre affirmation selon laquelle il ne serait pas représentatif de ce qui se passe sur nos sites d’activité.”

IndustriALL a mené une mission auprès des mines de cuivre de Glencore en Zambie en mars 2018 et interrogé un grand nombre de salariés de Mopani. IndustriALL a enregistré des témoignages de travailleurs et de responsables concernant ces trois décès en 2017.

Un de ces accidents professionnels mortels a impliqué un travailleur qui a succombé le 14 juillet 2017 à un caillot de sang après qu’une structure de soutènement en acier qu’il était en train d’ériger s’est écroulée en lui brisant la jambe. Glencore a conclu son rapport d’enquête en estimant la cause de l’incident imputable à un manque de planification de la tâche, à l’absence d’évaluation des risques, au fait qu’aucune personne qualifiée n’a été impliquée dans la tâche à accomplir et à l’absence d’autorisation d’effectuer le travail de la part d’un ingénieur qualifié.

Un deuxième cas a impliqué un travailleur qui, selon nos informations, était un ancien salarié de Mopani revenu chez Glencore en tant que sous-traitant après l’âge normal de sa pension. Il s’est effondré et est mort sous terre alors qu’il travaillait à la mine Mufulira de Mopani en 2017. La cause de la mort n’a apparemment pas été déterminée avec certitude bien que ses compagnons ont suspecté un coup de chaleur. Mopani le dément, mais aucune autopsie n’a été pratiquée.

Mopani a réduit ses effectifs de quatre mille unités en 2015 et certains des mineurs restants doivent couramment prester 24 heures d’affiliée sous terre.

Un enfant qui n’était pas employé par le site s’est noyé le 11 juin 2017 dans une retenue d’eau de Mopani, à proximité d’un bassin de résidus. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un décès professionnel, il s’agit à coup sûr d’une mort qui aurait dû être mentionnée dans le rapport de Glencore.

Les salariés de Glencore en Zambie ont fait état du fait que Mopani prétend qu’il n’y a eu aucun décès en 2017. Ils rapportent également que Glencore a menacé de fermer la mine s’il y avait un décès en 2017. Glencore a fait état en février d’un total au plan mondial de neuf décès consécutifs à autant d’accidents miniers, dont un en Zambie.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré dans un courrier adressé au PDG de Glencore Ivan Glasenberg :

“Glencore doit faire état publiquement des trois décès dans ses mines zambiennes en 2017 et expliquer pourquoi elle n’en a rapporté qu’un pendant que sa filiale n’en comptabilisait aucun. Aussi, Glencore devrait mettre un terme à sa pratique répandue qui consiste à menacer de conséquences négatives lorsqu’il est fait état d’incidents en lien avec la santé et la sécurité, sachant que cela ne fait que promouvoir des sous-déclarations plutôt que prévenir les décès.”

“Des travailleurs des mines de Glencore en Bolivie, où Glencore a fait état de deux décès en 2017, ont également indiqué à IndustriALL que Glencore avait menacé de fermer les mines s’il y avait de nouveaux accidents. Nous encourageons Glencore à mener une étude exhaustive sur la manière dont les décès sont pris en compte en Zambie, Bolivie et les autres endroits où elle a muselé la déclaration des accidents en menaçant de conséquences négatives s’il y en avait.”

“Le fait que les deux travailleurs de Glencore qui sont morts à Mopani en 2017 étaient des sous-traitants soulève de sérieuses questions concernant la gestion de la sous-traitance par Glencore, en particulier s’agissant de celui décédé sous terre dont des témoignages indiquent qu’il avait passé l’âge de la pension. Les questions concernant la gestion des entrepreneurs externes sont significatives, sachant que le pourcentage de sous-traitants par rapport à la main d’œuvre totale de Glencore a