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Reza Shahabi lors d’une manifestation

Esmail Abdi

Reza Shahabi

Reza Shahabi avec des camarades

Iran : libérez les syndicalistes emprisonnés Reza Shahabi et Esmail Abdi

05.09.2017

IndustriALL Global Union a écrit au Président de l’Iran, Hassan Rouhani, pour exiger la fin de la répression des syndicalistes et appeler à la libération de Reza Shahabi et Esmail Abdi.

Le Syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI), un affilié d’IndustriALL, a publié un appel à la solidarité en faveur de la libération des militants syndicaux Reza Shahabi et Esmail Abdi, ainsi que de la fin de la répression des syndicats.

IndustriALL exhorte ses affiliés et sympathisants à apporter leur soutien à cet appel. Signez la  pétition de LabourStart ou envoyez votre propre courrier et participez à la conscientisation sur la situation en Iran. Les investissements étrangers coulent à flot dans le pays, dans le sillage de l’accord sur le nucléaire, mais le pays n’honore pas les droits syndicaux fondamentaux.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a écrit au Président de l’Iran :

“Nous avons reçu d’inquiétantes nouvelles indiquant la persécution, allant jusqu’à la détention, de travailleurs et de leaders syndicalistes pour l’exercice de leurs droits syndicaux fondamentaux. C’est dans cette perspective que nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle des travailleurs et travailleuses emprisonnés, dont Ismail Abdi et Reza Shahabi.

“IndustriALL Global Union, une fois encore, exhorte le Gouvernement de l’Iran à ratifier la Convention de l’OIT n° 87 sur la Liberté syndicale et la protection du droit syndical ainsi que la Convention n° 98 sur le Droit d’organisation et de négociation collective. Ceci constitue un appel sans détour pour que votre régime garantisse le droit des travailleurs et travailleuses à adhérer à un syndicat et à jouir de la protection qu’apporte la négociation collective.

“Nous attendons de votre administration qu’elle agisse promptement pour favoriser un climat propice à la promotion et au respect sans restriction des droits syndicaux.”

Reza Shahabi est le trésorier du Syndicat des travailleurs de la société de bus de Téhéran et de sa banlieue. En prison sur base politique pour activités syndicales depuis 2010, au motif de “collusion contre les services de sécurité” et “propagande”, il était en permission pour raisons médicales après avoir subi de graves mauvais traitements lors de sa détention.

On lui a refusé la prolongation de sa permission pour motif médical et il est maintenant de retour en prison. Sa détention a été prolongée de 968 jours comme suite à sa permission. Shahabi s’est joint à une grève de la faim le 9 août.

Esmail Abdi est un dirigeant de l’Association professionnelle des enseignants de Téhéran.

Il purge une peine de six ans de prison sur base de fausses accusations. Après 38 jours de grève de la faim, il a été transféré à l’hôpital mais pour être renvoyé à la prison d’Evin seulement deux jours plus tard.

Des restrictions sans précédent ont été imposées aux syndicats ouvriers au cours de cette année : en avril, Maziar Gilani-Nejad, un membre de l’UMMI, a été convoqué par le Tribunal révolutionnaire. Il a ensuite été acquitté.

Shapour Ehsani Rad, un membre du Syndicat libre des travailleurs d’Iran, a été condamné à de la prison et à recevoir des coups de fouet.

Les parties ayant fourni les cautions de Ja’far Azimzadeh du Syndicat libre d’Iran et Mahmoud Beheshti Langroudi de l’Association professionnelle des enseignants iraniens, ont été mises sous pression de sorte à forcer le retour en prison de ces syndicalistes.

Hamid Sharghi, un autre membre de l’UMMI, est en liberté conditionnelle dans l’attente de son procès. Ali Akbar Baghani, membre de l’Association professionnelle des enseignants de Téhéran est en exil. Des mandats d’arrêt ont été émis à l’encontre de Ebrahim Madadi et Daoud Razavi, membres du Syndicat des travailleurs de la compagnie de bus de Téhéran.

Dans un communiqué, l’UMMI a déclaré :

“Nous exigeons le respect de la loi et la libération de tous les prisonniers de conscience et issus du mouvement syndical. Nous soulignons que la responsabilité du bien-être de ces syndicalistes repose sur les autorités qui ont prononcé de telles sentences.

“Les menaces, les arrestations et même les exactions ne pourront pas nous éloigner de la voie que nous nous sommes tracée. Nous tenons bon dans la défense de nos principes et ferons tous ce qui est en notre pouvoir pour obtenir la libération de nos camarades.

“Les épreuves, le danger, la mort, la victoire ou l’échec sont de l’ordre du possible. Cependant, nous ne battrons pas en retraite s’agissant de défendre l’idéal des travailleurs.”