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Tahar Berberi (tout à gauche) signe la convention avec le Président de la fédération des employeurs (second en partant de la gauche) au siège du Ministère des affaires sociales de Tunisie.

Ministre des Affaires sociales (à gauche) signant la convention avec le leader syndical Tahar Berberi.

La convention s’intégrera dans la législation tunisienne.

La grève des métallurgistes tunisiens débouche sur une hausse salariale

09.11.2017

La détermination sans faille de l’affilié d’IndustriALL Global Union en Tunisie a permis d’assurer une hausse des salaires pour les travailleurs et travailleuses du secteur de la métallurgie, à la suite de mouvements syndicaux en septembre et de la menace de nouvelles actions de grève pour la fin de ce mois.

Ce 3 novembre, lors d’une réunion au siège du Ministère des Affaires sociales de Tunisie, la Fédération des employeurs des fonderies et de l’ingénierie mécanique a signé une convention sectorielle avec le syndicat de la métallurgie FGME-UGTT et le gouvernement qui apporte aux travailleurs une augmentation salariale de 6% avec effet rétroactif pour l’année 2016. La hausse pour 2017, qui aurait dû être fixée en juillet dernier sera établie en janvier 2018.

En mars 2017, le Chef du Gouvernement de Tunisie, le Président de la Fédération des Employeurs et le Secrétaire général de la centrale syndicale UGTT ont signé une convention collective sectorielle pour augmenter les salaires. Normalement, cette convention est automatiquement signée par toutes les fédérations d’employeurs. Pourtant, la Fédération des fonderies et de l’ingénierie mécanique a refusé de signer cette convention, qui permet d’augmenter les salaires dans le secteur privé en Tunisie pour les années 2016 et 2017.

Ceci a conduit la FGME-UGTT à mener une grève nationale le 26 septembre, qui a reçu le soutien de 90% des travailleurs et travailleuses du secteur. Voyant le manque d’engagement sérieux de la part des employeurs, le syndicat a annoncé qu’il mènerait une grève nationale de trois jours du 14 au 16 novembre en l’absence de signature de la convention de leur part.

“Le facteur le plus important de cette lutte est qu’elle a rallumé la détermination de nos adhérents et les a encouragés à poursuivre le combat pour leurs droits. Elle a servi à rappeler que lorsque nous ne sommes pas contents de notre entreprise ou de nos employeurs, nous pouvons nous battre pour faire valoir nos droits,” a indiqué Tahar Berberi, Secrétaire général de la FGME-UGTT, s’exprimant lors de la réunion du Comité exécutif d’IndustriALL à Colombo, au Sri Lanka.

“Cette convention doit maintenant être mise en œuvre. Certaines entreprises ne veulent pas appliquer la hausse des salaires et nous continueront donc la lutte au niveau des entreprises, mais nous sommes en bonne position pour négocier avec les employeurs qui ne veulent plus de soucis. Les employeurs comprennent maintenant que cette hausse salariale est un droit.”

Tahar Berberi a souligné que les travailleurs et travailleuses ont besoin d’une hausse salariale immédiate, les prix à la consommation ayant augmenté de plus de 100% en Tunisie. “Nous sommes parvenus à augmenter les salaires pour 2016 et 2017. Ensuite, nous allons nous concentrer sur 2018,” a-t-il ajouté.