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La Suisse mise sous pression par les syndicats du monde entier à propos de Glencore

07.07.2015

Les affiliés d’IndustriALL sur les quatre continents ont la semaine dernière pris pour cible la Suisse afin de mettre la pression sur le pays pour qu’il tienne le géant minier Glencore responsable de ses abus envers les travailleurs à l’étranger.

Dans le cadre d’une semaine d’action mondiale contre la multinationale milliardaire dont le siège se situe en Suisse, les syndicats ont remis en mains propres des lettres de protestation auprès des consulats et ambassades helvétiques de par le monde.

Glencore emploie plus de 180.000 personnes dans plus de 50 pays et est l’un des plus grands producteurs de matières premières dans le monde, réalisant un bénéfice de 2,3 milliards de dollars en 2014. L’entreprise entretient une longue tradition d’hostilité envers les syndicats.

Cette action syndicale coïncide avec une Initiative populaire en Suisse en vue de mettre en place une législation qui rende les multinationales suisses responsables pour leurs violations des droits syndicaux et de l’environnement en dehors de leurs frontières. L’Initiative populaire fait mention de l’inconduite de Glencore pour illustrer la nécessité d’avoir une telle loi.

Aux États-Unis, des membres de la Section locale 235A des Métallos USW, qui sont lock-outés chez Sherwin Alumina par Glencore à Gregory, au Texas, depuis neuf mois, ont remis un courrier au Consulat de Suisse à Houston. Les membres de l’USW ont également rendu visite aux consulats de Los Angeles, New York et San Francisco ainsi qu’à l’Ambassade de Suisse à Washington.

Au Canada, les Métallos USW ont aussi remis une lettre de protestation au consulat de Suisse à Vancouver par solidarité avec les travailleurs et travailleuses de Glencore des États-Unis et d’ailleurs.

Une délégation de haut niveau du CFMEU d’Australie, emmenée par Tony Maher, Président de la Section Mines et Énergie du CFMEU et Lorraine Usher, Vice-présidente de la Section Mines et Énergie du CFMEU, a remis un courrier de protestation au consulat de Suisse à Sydney. Glencore a remplacé les salariés syndiqués par des travailleurs en sous-traitance dans sa mine de Collinsville et les a fait expulser, eux et leurs familles, des complexes d’habitation de l’entreprise, avec un impact dévastateur sur la communauté locale.

En République Démocratique du Congo, les affiliés d’IndustriALL du TUMEC, le Syndicat des mines, du métal, de l’énergie et de la chimie, ont réussi à négocier leur passage par la zone présidentielle de la capitale, soumise à des mesures de sécurité strictes, pour remettre en mains propres un message de protestation contre Glencore à l’ambassade de Suisse. L’Initiative populaire soulève la question de destructions de l’environnement et violations des droits de l’homme perpétrées par Glencore dans le pays comme source de préoccupation particulière.

Le Syndicat des Mineurs argentins AOMA et le Syndicat des Métallurgistes UOM ont également appelé instamment l’Ambassade de Suisse à réguler les activités des multinationales d’origine suisse telles que Glencore. Dans le cadre d’une autre action, l’ASIJEMIN, Syndicat des professions spécialisées des mines, a envoyé un courrier à l’Ambassade de Suisse.

En Colombie, où Glencore a été lié à un groupe paramilitaire responsable du meurtre de syndicalistes, l’affilié d’IndustriALL Sintracarbon a organisé des activités au sein de ses sections locales dans le cadre de la semaine mondiale d’action. Le Secrétaire à l’éducation du syndicat, Igor Diaz Lopez, qui a reçu des menaces de mort dans le cadre de ses activités syndicales, a été interviewé par la télévision colombienne et a eu de ce fait l’occasion de dénoncer les violations des droits des travailleurs et des libertés syndicales perpétrées par Glencore.

Pendant ce temps, en Afrique du Sud, l’affilié d’IndustriALL NUM (Syndicat national des mines) a cette semaine menacé de poursuivre le gouvernement si Glencore maintenait son intention de licencier plus de 600 travailleurs de son site d’Optimum Coal. Le NUM accuse Glencore de ne pas se conformer aux plans syndicaux et sociaux concernant les primes de rupture en faveur des travailleurs.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Jyrki Raina a déclaré :

“Cette action des affiliés d’IndustriALL envoie un message fort à l’entreprise, lui indiquant que nous sommes unis dans la défense des droits des travailleurs de Glencore aux quatre coins de la planète.

“L’Initiative populaire montre que le mauvais comportement de Glencore est aussi intolérable pour les citoyens suisses qu’il ne l’est pour ceux qui en sont les victimes à l’étranger. Nous applaudissons cet effort en vue de rendre Glencore et les autres multinationales responsables de leurs méfaits à l’étranger devant les tribunaux suisses.”