• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

Métallurgistes de Birleşik Metal İş en grève à l’extérieur de Schneider Electric en Turquie le 20 janvier, avant la conclusion de l’accord.

Metalworkers refused to be intimidated by threats of dismissal after the strike was made illegal.

Workers also protested outside ABB on strike day.

There were noisy protests outside another Schneider Electric plant.

Les métallurgistes remportent une victoire en Turquie

24.01.2017

La grève suivie par plus de 2 000 travailleurs en Turquie a porté ses fruits en permettant à l’affilié à IndustriALL Global Union, Birleşik Metal İş, de remporter une victoire importante grâce à la conclusion d’un meilleur accord pour les métallurgistes.

Quelque 2 200 travailleurs de trois compagnies et de 13 usines à travers la Turquie se sont mis en grève vendredi 20 janvier, après que les négociations collectives du syndicat aient échoué avec les principales multinationales opérant dans le secteur de l’équipement électrique, à savoir Schneider, General Electric et ABB.

Bien que le gouvernement turc ait très vite édicté un décret pour reporter et interdire de facto la grève, les métallurgistes n’ont pas stoppé leur action.

Une étape décisive a été franchie le 23 janvier entre les représentants syndicaux et la direction dans la capitale du pays, Ankara, après que le Ministère du travail ait offert ses bons offices lors des pourparlers. Les compagnies ont finalement augmenté leur offre et conclu un accord qui permettra d’accroître les salaires des travailleurs, les prestations sociales et la rémunération des heures supplémentaires, en plus d’autres avantages.

Özkan Atar, Secrétaire général de Birleşik Metal İş, a déclaré:

« Depuis de nombreuses années, les travailleurs en Turquie ne sont pas en mesure d’exercer leur droit de grève, le gouvernement interdisant la presque totalité des grèves sous prétexte de constituer une menace à la sécurité nationale ou à la santé publique. En refusant de se soumettre à l’interdiction, les métallurgistes, menacés de licenciement pour grève illégale par ces grandes compagnies du secteur de l’équipement électrique, ont pris un énorme risque. Mais nos membres n’ont pas cédé aux menaces. Au contraire, ils ont établi une nouvelle voie pour les travailleurs. Ils ont reconquis le droit de grève pour la classe ouvrière toute entière en Turquie ».

En exprimant ses félicitations à Birleşik Metal İş et à ses membres, le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a indiqué:

« Vous avez montré qu’il est possible de gagner en vous mobilisant et en ne cédant pas face aux menaces et à l’intimidation. Ceci est un exemple important pour nous tous. Les compagnies multinationales doivent respecter le droit international en matière de liberté syndicale et les droits des travailleurs où qu’elles exercent leurs activités, et non pas seulement lorsqu’elles sont obligées de le faire ».

L’accord, qui a été signé entre Birleşik Metal İş et EMIS (Association des employeurs de l’électromécanique), inclut:

  • Une augmentation de 1,2 de lire turque (0,32 US$) + 7 pour cent des salaires horaires durant les six premiers mois de l’accord, soit une augmentation de 18,5 pour cent en moyenne. Le taux d’inflation s’élèvera de plus d’1 pour cent les 12 mois suivants.
  • A la demande des employeurs, l’accord portera sur deux ans au lieu de trois.
  • Les prestations sociales augmenteront de 27 pour cent.
  • Les heures supplémentaires effectuées durant les fêtes religieuses seront rémunérées à 200 pour cent.
  • La Journée internationale des personnes handicapées non travaillée sera payée.

Tous les travailleurs d’ABB bénéficieront d’une assurance maladie privée.

Métallurgistes turcs en grève à l’extérieur de General Electric, le 20 janvier.

Membres de Birleşik Metal İş protestant bruyamment à l’extérieur de la compagnie Schneider Electric en Turquie avant que l’accord ait été trouvé.