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Les compagnies minières ont obtenu le plus mauvais score en matière de conditions de travail dans l’indice minier responsable 2018.

Kemal Özkan s’exprimant lors du lancement de l’indice minier responsable 2018, à Genève, en Suisse, le 11 avril 2018.

Les travailleurs en bas du classement dans l’indice minier responsable

12.04.2018

Un nouvel indice global, classant les grandes compagnies minières selon six différents domaines de performance, montre que ces dernières obtiennent les moins bons résultats relativement aux conditions de travail.

L’Indice minier responsable 2018, lancé à Genève, en Suisse, le 11 avril, évalue 30 compagnies minières mondiales sur plusieurs questions économiques, environnementales, sociales et de gouvernance, y compris les conditions de travail.

« Alors que nul ne sort gagnant de ce classement, les travailleurs sont clairement les perdants », a indiqué le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, lors du lancement de l’indice. « L’indice confirme ce que nous savions déjà depuis longtemps, à savoir que bien que les compagnies minières s’engagent fréquemment à faire mieux, leurs bonnes intentions ne se traduisent pas en actes ».

L’indice, qui fonctionne indépendamment du secteur, classe les compagnies minières selon six domaines thématiques, à savoir les conditions de travail, le développement économique, la conduite des affaires, la gestion du cycle de vie, le bien-être des communautés et la responsabilité environnementale.

En collaboration avec ses affiliés du secteur minier, IndustriALL a pris l’initiative sur la question des conditions de travail et apporté son concours sur plusieurs sujets de préoccupation se recouvrant partiellement, comme le bien-être des communautés et la responsabilité environnementale. Peter Colley, Directeur national de recherche au CFMEU, affilié australien d’IndustriALL, ayant participé à l’élaboration de l’indice, a déclaré:

« Au lieu de simplement rechercher les déclarations de principe et d’intention des compagnies sur un sujet déterminé, l’indice vise à examiner ce dernier en profondeur à la recherche de documents probants sur les pratiques adoptées puis sur les performances et le suivi en cours ».

Le rapport montre que bien que la majorité des compagnies minières évaluées affichent des politiques et des pratiques responsables dans six aspects, très peu d’entre elles agissent de façon systématique sur plusieurs questions clés.

Peu voire aucune action ne ressort même sur les questions telles que surveiller les impacts des activités minières sur les enfants, contrôler s’il est répondu de façon appropriée aux griefs des communautés ou si les salaires des travailleurs répondent aux normes exigeant le versement d’un salaire de subsistance ou vont plus loin que celles-ci.

Trop souvent, les compagnies n’ont pas mis en pratique certains de leurs propres engagements sur l’exploitation minière responsable tels que la gestion des questions relatives aux droits de l’homme.

« Le fait que les compagnies minières obtiennent de si mauvais résultats sur les sujets clés relatifs aux conditions de travail ne nous surprend pas. Pour nous, ce résultat n’est que la confirmation de notre conviction, acquise de longue date, selon laquelle l’industrie minière, malgré ses protestations contraires, continue d’ignorer les aspirations de ses travailleurs, quand bien même elle veut nous faire croire que les travailleurs sont ses plus importants atouts », a indiqué Glen Mpufane, Directeur des mines à IndustriALL.

Les 30 compagnies minières évaluées dans l’indice opèrent dans plus 700 mines réparties dans plus de 40 pays et représentant un quart de la production mondiale des matières premières issues de l’extraction minière.  

En conclusion, Kemal Özkan, a déclaré:

« Nous nous félicitons de l’élaboration de l’indice minier responsable que nous accueillons comme un instrument supplémentaire dans notre boîte à outils pour améliorer les conditions de travail des mineurs dans le monde entier. Nous le considérons comme une initiative importante visant à promouvoir le dialogue nécessaire dans cette industrie.