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Tamaz Dolaberidze, président du syndicat TUMMCIWG

Tamaz Dolaberidze, président du syndicat TUMMCIWG

Tamaz Dolaberidze, président du syndicat TUMMCIWG

Les travailleurs géorgiens exigent une meilleure sécurité au travail

28.02.2018

Selon les statistiques officielles, 1 300 travailleurs sont décédés ou ont été blessés au travail en Géorgie depuis 2010. Les travailleurs, au nombre desquels des membres de l’affilié à IndustriALL, le Syndicat des travailleurs des industries métallurgique, minière et chimique en Géorgie (TUMMCIWG), ont manifesté dans le pays pour exiger des conditions de travail plus sûres.

Environ 2 000 travailleurs venus de différentes régions de la Géorgie ont défilé le 23 février sur l’avenue centrale de Tbilissi munis de banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans tels que « Je suis un travailleur qui n’est pas encore mort. Sécurisez le travail ». L’action de protestation contre la nouvelle loi « sur la sécurité au travail », devant entrer en vigueur le 1er janvier 2019, s’est poursuivie devant le bâtiment du Parlement.
 
Depuis que le gouvernement géorgien a supprimé les inspections du travail en 2006, les travailleurs ont été exposés à des niveaux de risque élevés sur leurs lieux de travail. Selon les statistiques du Ministère de l’intérieur, 359 travailleurs sont morts et 947 autres ont été blessés au cours de ces onze dernières années dans un pays comptant 3,7 millions d’habitants. Ces chiffres terribles sont fort probablement plus bas que les chiffres réels, selon les syndicats géorgiens.
 
Bien que le projet de loi du travail proposé au Parlement en février 2018 contienne des règles de sécurité plus strictes, ces dernières ne s’appliquent qu’aux lieux de travail soumis à des conditions particulièrement dangereuses. En outre, le projet de loi limite l’accès des inspecteurs du travail aux entreprises, en les autorisant à effectuer des inspections régulières une fois par an seulement. Dans le cas des contrôles inopinés, les experts devront saisir le tribunal, ce qui prendra plus de temps et ne permettra pas une réponse immédiate aux violations. Selon TUMMCIWG, les faibles montants des sanctions pécuniaires prévues ne correspondent pas à la gravité des violations et n’auront aucun effet.
 
Les travailleurs ayant participé à la dernière manifestation demandent que le gouvernement adopte le projet de loi du travail établi par la Confédération des syndicats géorgiens.
 
Les syndicats ont déjà menés plusieurs mouvements de protestation de masse dans le but d’attirer l’attention du public sur le mauvais bilan sanitaire et sécuritaire du pays. La dernière action de protestation a eu lieu en mai 2017.
 
IndustriALL Global Union demande aux affiliés de soutenir la campagne LabourStart lancée par les syndicats géorgiens et de s’associer à leurs revendications en matière d’adoption d’une loi sur l’inspection du travail réellement efficace et conforme aux normes internationales du travail.
 
Tamaz Dolaberidze, président du syndicat TUMMCIWG, a déclaré:

« Le gouvernement n’a pas examiné les recommandations proposées par les syndicats. Si elle est adoptée telle que, la loi « sur la sécurité au travail » et l’inspection du travail n’améliorera pas la situation sanitaire et sécuritaire difficile actuelle. Les syndicats géorgiens entendent lutter jusqu’à obtenir une meilleure loi ».