• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

Mobilisation des syndicats mauriciens contre une législation anti-ouvrière

04.04.2013

Le gouvernement de l’île Maurice a présenté la semaine dernière au Parlement des amendements à la loi sur le droit à l’emploi et à la loi sur les relations d’emploi qui constituent une régression. Le CMCTEU a dénoncé les projets de loi comme un soutien à un équilibre du pouvoir en faveur du patronat.

Le ministère du Travail avait présenté au Parlement pour adoption en décembre 2012, une liste de propositions d’amendement à la loi sur le droit à l’emploi et à la loi sur les relations d’emploi qui fragilisaient la puissance des syndicats. Une forte mobilisation syndicale sur l’île avait forcé le gouvernement à remettre à plus tard l’adoption des projets de loi, et plusieurs syndicats présentèrent conjointement des contre-propositions.

La mobilisation syndicale s’est poursuivie depuis décembre et plusieurs manifestations ont eu lieu au cours de quatre dernières semaines. Le CMCTEU affilié à IndustriALL a écrit aux parlementaires pour leur faire prendre conscience et leur demander de voter de manière responsable.

Plusieurs amendements proposés par les syndicats ont été inclus dans le nouveau texte présenté le 26 mars au Parlement par le gouvernement. Le ministère du Travail avait tenté dans un premier temps de porter atteinte au système des relations industrielles en permettant la conclusion de conventions collectives présentées par des groupes de salariés sans affiliation syndicale; les syndicats ont réussi à obtenir le retrait de cette modification. La nouvelle loi stipule que tous les salariés doivent avoir un contrat d’emploi.

Malgré ces améliorations, les syndicats dénoncent un texte qui consolide le pouvoir de négociation entre les mains des employeurs. L’utilisation d’une main-d’œuvre sous contrat de courte durée est encore légalement autorisée pour des emplois permanents. La loi ne réussit pas à établir une juste protection contre tout licenciement injustifié. L’employeur met tout d’abord à pied le travailleur/euse et cherche à justifier après coup le licenciement. La période de préavis en cas de licenciement est raccourcie et passe de trois mois à trente jours. Les syndicats ne peuvent pas demander un arbitrage sans l’accord de l’employeur. Les grèves de solidarité deviennent illégales.

L’adoption de ce nouveau texte est prévue pour le mardi 9 avril. Les syndicats maintiennent la pression pour empêcher l’adoption des amendements qui portent atteinte à la protection des travailleurs et travailleuses et des syndicats.

IndustriALL soutient la campagne de ses affiliés et dénonce les amendements qui visent la puissance syndicale et réduisent les droits des travailleurs et travailleuses.