• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

Travail précaire en Inde

19.06.2012

Le gouvernement indien place davantage de gens dans des emplois précaires que les patrons du privé

 

Trente pourcents de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du secteur privé en Inde sont occupés dans des emplois précaires en tant que sous-traitants.

Mais ceux et celles coincés dans des emplois précaires du secteur public indien sont plus nombreux encore que dans le secteur privé, selon une analyse publiée aujourd’hui dans le cadre du Congrès fondateur d’IndustriALL Global Union à Copenhague.

La classe politique ne place pas haut la barre de ses normes

«Pourquoi le secteur privé en Inde devrait-il changer sa manière de traiter sa main d’œuvre alors qu’il voit le secteur public se comporter en pire employeur en matière d’emploi précaire ?, » a demandé Jyrki Raina, le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union.

«Le gouvernement devrait fixer des normes élevées pour protéger les conditions de vie de ses citoyens; mais cet important nouveau rapport indique qu’en Inde, la classe politique néglige cette question vitale. »

Les secteurs industriels en croissance font leurs bénéfices sur le dos de millions de travailleurs précarisés

Les secteurs industriels en croissance en Inde semblent dépendre de la précarité de leurs travailleurs et travailleuses pour engranger leurs énormes profits, indique le rapport de 12 pages de la campagne d’IndustriALL intitulée Emplois Précaires en Inde.

La main d’œuvre manufacturière en Inde est divisée entre des « nantis » qui ont un emploi permanent et des « démunis » qui travaillent pour des sous-traitants ou ont des contrats directs mais temporaires du type « intérim kleenex ».

Mauvaise conditions de santé et sécurité. La vie des travailleurs sous-traitants ne vaut pas autant que celles de la main d’œuvre permanente.

« Ce n’est pas seulement que les salaries sont distinctement différents, mais ces travailleurs et travailleuses sous-traitants ne reçoivent même pas des conditions de santé et de sécurité identiques. »

Ils travaillent côte-à-côte avec des permanents, mais ne reçoivent pas les gants de travail, les chaussures de sécurité, le casque, le masque ou les bouchons d’oreille que ces travailleurs permanents reçoivent d’office, » a noté M Raina.

Un jugement de la Cour Suprême indienne marque un jalon et soutien la campagne

IndustriALL Global Union va soutenir ses sept grands syndicats affiliés indiens dans le cadre de la campagne pour lutter contre la vulgarisation de l’emploi précaire. 

« Nous allons nous servir d’un jugement de la Cour Suprême d’Inde qui a marqué un jalon en septembre 2011 et qui donne une assise solide à notre campagne, s’agissant du jugement sur le travail en sous-traitance qui a mis en lumière l’exploitation et les subterfuges utilisés pour priver des travailleurs de leurs droits, » a déclaré M. Raina.

Soutien planétaire à la campagne indienne pour mettre fin aux emplois précaires

«Ce rapport de 12 pages fourni des études importantes de cas dans les industries de la chimie, du ciment, des mines, du textile et de l’habillement qui peuvent donner un fondement solide à des campagnes syndicales qui pourront compter sur la solidarité mondiale de tous les affiliés d’IndustriALL Global Union.»

« Ne l’oublions pas : une attaque contre un est une attaque contre tous » a conclu le Secrétaire général Jyrki Raina.