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IndustriALL rencontre le Ministre sénégalais du Travail et du Dialogue social, Samba Sy

IndustriALL rencontre le Ministre sénégalais du Travail et du Dialogue social, Samba Sy

IndustriALL rencontre le Ministre sénégalais du Travail et du Dialogue social, Samba Sy

Valter Sanches exhorte à reconsidérer les stratégies concernant le développement en Afrique

16.04.2018

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union Valter Sanches a exhorté les affiliés d’Afrique sub-saharienne à reconsidérer les stratégies de développement pour le continent et à  engager le dialogue avec leurs gouvernements sur le thème d’une industrialisation durable.

Valter Sanches s’exprimait ce 12 avril lors de la réunion de l’Exécutif régional pour l’Afrique sub-saharienne, à Dakar, au Sénégal, en présence d’affiliés du Burkina Faso, de République Démocratique du Congo, du Kenya, du Ghana, de Côte d’Ivoire, de Maurice, du Mozambique, de Namibie, du Nigeria, du Sénégal, d’Afrique du Sud, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe.

Il a souligné que les syndicats devaient se préparer face à une économie mondiale qui évolue vers de nouvelles technologies qui ont besoin de différentes matières premières en provenance d’Afrique. Le déclin de la demande pour certains minerais ainsi que pour le pétrole et le gaz signifie que des emplois seront perdus dans ces secteurs, ce qui implique que les gouvernements verront leurs revenus baisser. Investir davantage dans la production manufacturière est une stratégie essentielle pour l’avenir.

Valter Sanches a déclaré : “Des opportunités existent toujours, car le continent possède des minerais tels le cobalt, le lithium, le zinc et le nickel dont la demande est élevée. Cependant, ceux-ci doivent être exploités de manière responsable et cela fait écho à notre campagne contre le comportement de Glencore au sein de ses sites miniers de cobalt en République Démocratique du Congo et en Zambie”.

Valter Sanches a également rencontré le Ministre du Travail et du Dialogue social, Samba Sy, pour lui livrer le même message. Il était accompagné de la Secrétaire régionale pour l’Afrique sub-saharienne, Paule France Ndessomin, ainsi que des Secrétaires généraux des affiliés du pays Seyne Ndiaye (SUTIDS), Ousmane Diop (SYNTICS) et Doudou Cisse (SNTIC).

L’évolution récente montre que dans quelques années, à mesure que le monde va passer aux véhicules électriques, la demande de voitures à moteurs thermiques va chuter. Certaines villes européennes ont déjà annoncé des mesures pour bannir les véhicules dotés de moteurs à combustion.

La stratégie de développement post-colonial de l’Afrique a été axée sur l’extraction de matières premières à destination de l’Europe, de l’Amérique et, plus récemment, de la Chine. Cette stratégie a été dirigée par des multinationales en laissant peu de place pour les gouvernements, ce qui a conduit à d’énormes bénéfices aux dépens des communautés affectées et de travailleurs exploités par le biais de salaires de misère. Il leur a été facile de violer les droits syndicaux et de mettre à mal les moyens d’existence de millions de personnes.

En mars, 44 chefs d’État et de gouvernement africains se sont rencontrés à Kigali, au Rwanda et ont ratifié la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). S’exprimant au sujet de cette initiative, Valter Sanches a indiqué :

“L’annonce de la création de la ZLECA est à saluer, mais IndustriALL croit en un multilatéralisme où les syndicats et les mouvements sociaux sont impliqués. Cela signifie que les gouvernements devraient les avoir associés en tant que parties prenantes au niveau des consultations concernant cet accord de libre-échange. S’il en est autrement, nous aboutirons à un accord de libre-échange qui ne mettra pas en avant le travail décent mais des conditions d’emploi précaires et de maigres salaires”.

La transition énergétique est un autre point clé pour l’Afrique, ce qui demande l’élaboration de politiques industrielles durables qui ne soient pas dépendantes des combustibles fossiles, dont le pétrole et le gaz. Des plans visant à la Transition juste doivent être mis en place pour protéger les droits des travailleurs et travailleuses ainsi que leur bien-être et également prévoir la reconversion de ceux et celles qui perdront leur emploi avec la fermeture des mines de charbon.