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Victoire des droits syndicaux chez Ashton Apparels au Kenya

15.01.2015

Plus de 7.000 travailleurs et travailleuses ont repris le travail le 15 janvier après huit jours de grève. Cette action eut lieu après la mise à pied de 120 personnes employées chez Ashton Apparels qui avaient adhéré au syndicat des tailleurs et des travailleurs du textile (TTWU). 

La grève sauvage s’est déclenchée le 5 janvier dans la ville de Mombasa au Kenya quand les salariés de plusieurs usines appartenant à Ashton Apparel EPZ Ltd ont demandé la réintégration de 120 salariés syndiqués. Ces personnes avaient appris leur mise à pied à leur retour du congé de Noël. Elles demandaient également la reconnaissance du TWU par l’entreprise.

“L’entreprise a enfreint la législation du travail en privant les travailleurs et travailleuses de leur droit constitutionnel d’adhérer au syndicat de leur choix, et en exerçant des représailles à l’encontre des salariés qui s’étaient volontairement syndiqués,” a dit  Joel Chebii, secrétaire général du TTWU.

L’entreprise a également refusé de signer un accord de reconnaissance avec le TTWU et de déduire la cotisation syndicale du salaire des membres du syndicat.

Dans une lettre adressée à Ashton Apparels EPZ Ltd, Jyrki Raina, secrétaire général de IndustriALL Global Union, a attiré l’attention de la direction sur le fait que l’entreprise contrevient à la législation nationale du travail et aux normes fondamentales du travail qui s’appliquent au plan international, notamment la convention 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical et la convention 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du Travail.

Raina précise “qu’il est impératif de prendre les mesures correctives qui s’imposent pour répondre aux revendications du syndicat des tailleurs et des travailleurs du textile. Il demande à Ashton Apparels EPZ Ltd de “réintégrer les 120 travailleurs et travailleuses, de signer un accord de reconnaissance, de déduire la cotisation syndicale du salaire des membres du syndicat et de mettre fin au harcèlement des personnes syndiquées.” Raina a dit que d’autres actions seraient entreprises dans le cas où ces demandes ne seraient pas satisfaites, y compris de porter ces infractions à la connaissance des acheteurs qui s’approvisionnent dans l’entreprise.  

Un tribunal kényan s’est prononcé le 14 janvier en faveur des personnes licenciées et a ordonné à Ashton Apparel de réintégrer immédiatement les travailleurs et travailleuses. “Les grévistes ont repris le travail aujourd’hui avec leurs collègues réintégrés,” a dit Ezra Ojuka, secrétaire général adjoint du TTWU. “Les travailleurs et travailleuses ont montré à Ashton Apparel qu’on ne peut pas ignorer le syndicat et qu’ils sont prêts à rester unis pour défendre leurs droits.”