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Adhérente du SACTWU lors du 1er mai 2018, à Bophelong, Gauteng

Afrique du Sud : la grève pour un salaire vital du secteur de la chaussure entre dans sa deuxième semaine

17.07.2018

Des milliers de travailleurs et travailleuses du secteur de la chaussure entament leur deuxième semaine de grève pour revendiquer une hausse salariale de 9,5% alors que les employeurs proposent 6,25%.

L’affilié d’IndustriALL Global Union, le SACTW (Syndicat sud-africain des travailleurs de l’habillement et du textile), et le Syndicat national des travailleurs du cuir et des secteurs connexes, qui représentent les plus de 10.000 travailleurs et travailleuses du secteur, ont appelé à une grève nationale pour réclamer des salaires vitaux.

Au lieu d’engager le dialogue avec les syndicats, certains employeurs ont recours à l’intimidation, ce que les syndicats qualifient d’attitude “illégale, provocatrice et incompatible avec la promotion de relations sociales saines”. Ceci intervient après qu’Allie Kramer, un chef d’équipe de l’usine Bagshaw Footwear de Port Elizabeth, a tiré à balles réelles et à distance rapprochée en direction de grévistes qui s’étaient réunis. Les syndicats ont depuis appelé à ce qu’il soit suspendu et sanctionné par le biais d’une procédure disciplinaire pour avoir mis la vie de ces travailleurs et travailleuses en “grave danger”.

Christina Hajagos-Clausen, Directrice d’IndustriALL pour le secteur du textile et de l’habillement a déclaré :

“Nous soutenons les revendications des travailleurs et travailleuses en faveur d’un salaire vital et invitons les employeurs à prendre en considération la hausse du coût de la vie qui érode les revenus du travail. La paix syndicale et le dialogue social ne seront pas possibles si l’employeur opte pour l’intimidation. Nous condamnons fermement l’usage d’armes à feu pour intimider les travailleurs.”

L’habillement, le textile, les chaussures et le cuir constituent un secteur qui emploie plus de travailleurs et travailleuses que tout autre activité manufacturière en Afrique du Sud. Selon le SACTWU, ce secteur apporte une importante contribution dans la réduction du chômage et de la pauvreté ainsi qu’au niveau des emplois, principalement de femmes, qui constituent environ 82% de la main d’œuvre. Ces femmes sont employées en particulier dans des petites villes comptant moins d’emplois, ce qui promeut l’égalité des genres. Pour le coup, des salaires vitaux marqueraient une différence pour les travailleurs et travailleuses ainsi que leurs familles.

Accroître les compétences et accentuer la formation des travailleurs et travailleuses est important pour le secteur. Cependant, le SACTWU indique que le secteur est en proie à des menaces en raison de fraudes aux droits de douane qui sont évités et éludés lorsque les biens sont importés par le biais d’un pays tiers, pour ne citer qu’un exemple de schéma illégal, parfois même mis en œuvre avec la complicité de représentants de l’autorité. Ces biens sont introduits en contrebande dans le pays et vendus à des prix qui coupent l’herbe sous le pied des usines locales et menacent les emplois.

Le secteur a également souffert de la concurrence mondiale qui a vu la production locale remplacée par des importations. Nonobstant, le Programme de compétitivité pour l’habillement et le textile, soutenu par le gouvernement, a donné un coup de fouet au secteur et apporté une certaine stabilité.