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Compte à rebours pour la signature avant le 15 mai à minuit de l’accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh

14.05.2013

L’accord sur les mesures de sécurité qui ont trait aux incendies et aux bâtiments au Bangladesh s’applique maintenant à plus de 1.000 fournisseurs après sa signature par plusieurs multinationales (H&M, Inditex, C&A, Primark/Penny, Tesco, PVH et Tchibo). Toutefois, IndustriALL, UNI Global Union et les ONG partenaires disent que c’est le compte à rebours final pour que d’autres entreprises confirment leur engagement avant le 15 mai à minuit (CEST). Ces entreprises doivent faire de toute urgence la seule chose à faire, c’est-à-dire s’engager en signant.

Le secrétaire général de IndustriALL Global Union, Jyrki Raina, a déclaré: “Le 13 mai est un jour important dans la lutte pour obtenir justice pour les 1.127 victimes du Rana Plaza et des centaines d'autres travailleuses et travailleurs de la confection blessés et tués au Bangladesh, quand de grandes marques de l'industrie de la confection ont décidé de travailler avec nous, en restant dans le pays pour se débarrasser de leur modèle insoutenable d’exploitation extrême. Un T-shirt taché de sang n’est pas beaucoup moins cher qu'un T-shirt propre.

De son côté, le secrétaire général de UNI Global Union, Philip Jennings, a dit:

“Le temps presse pour des entreprises comme Gap et Carrefour de montrer qu'elles se soucient de la main-d'œuvre de leurs fournisseurs au Bangladesh. Leur réputation en tant qu'entreprise en dépend peut-être, mais les vies et les conditions de vie de ces travailleuses et travailleurs vulnérables dans les ateliers du Bangladesh ont encore plus d'importance. Signez avant qu'il ne soit trop tard, sauvez des vies et montrez que vous êtes un employeur responsable. Nous gagnons du terrain pour obtenir un changement, et cela ne s'arrêtera pas ici”.

En acceptant un programme contraignant de réformes sur la sécurité contre l'incendie basé sur des inspections indépendantes, des comités de santé et de sécurité dirigés par les travailleuses et travailleurs, et l’accès des syndicats aux fabriques et ateliers, les signataires s'engagent à garantir des améliorations dans les lieux de travail dangereux, et à s'attaquer correctement aux problèmes de structure des bâtiments et de la sécurité contre l'incendie. Mais chose plus importante, l'accord garantit au personnel le droit de refuser un travail dangereux, conformément à la convention 155 de l'OIT.

Hier 13 mai, le Premier ministre du Bangladesh, Sheikh Masina, a accepté de promulguer des modifications positives à la législation du travail en permettant la création de syndicats au niveau de l’entreprise sans avoir à demander la permission de l'employeur.

La Confédération syndicale internationale (CIS) travaille d'arrache-pied pour obtenir une réforme de la législation du travail au Bangladesh. Sa secrétaire générale, Sharan Burrow, a écrit le 9 mai au ministre bangladeshi du Travail, Rajiuddin Ahmed Raju, en ces termes:

“Je suis très inquiète d'apprendre que les amendements proposés, qui ont été récemment adopté par le gouvernement, ne portent pas sur la majorité des préoccupations signalées par le Comité des experts de l'OIT, compte tenu des conventions 87 et 98, et ne concernent pas les amendements prioritaires présentés par les syndicats. C’est acceptable”.

L’OIT fait également pression sur le gouvernement bangladeshi pour obtenir l'adoption et la mise en œuvre en juin de la réforme sur la législation du travail. La mission de haut niveau de l'OIT envoyée à Dacca après le désastre du Rana Plaza a publié des recommandations claires et fermes, et notamment l’engagement de respecter d'ici juin la réforme d’une législation du travail de l'OIT mettant l'accent sur la liberté syndicale et la négociation collective, garantissant la présence de centaines de nouveaux inspecteurs, et l'organisation de programmes généralisés de formation.

Le troisième changement prioritaire visant la création d'une industrie de la confection viable au Bangladesh concerne la campagne pour un salaire vital. Le salaire minimum mensuel de 38 USD est un salaire de pauvreté. Le Conseil du Bangladesh de IndustriALL a présenté des demandes salariales unifiées portant sur une augmentation immédiate de 3000 à 5000 taka par mois, suivie de hausses régulières chaque année pour obtenir un salaire minimum vital en 2015, dans un processus identique à celui en vigueur actuellement au Viêt-nam.

Le Conseil du Bangladesh de IndustriALL travaille sur le site du Rana Plaza à Savar, Dacca. Les défis très immédiats sur le terrain concernent l’approvisionnement en nourriture des familles de membres qui attendent encore dans l’espoir que leurs êtres chers seront sortis en vie des décombres après 17 jours. Leur attente est maintenant d’avoir la chance de retrouver le corps et d’organiser les funérailles de leur sœur, de leur mère ou de leur épouse. L’attention va bientôt se tourner vers l’indemnisation des familles des personnes tuées et blessées.

L’espérance la plus forte aujourd’hui est que d’autres marques et distributeurs de vêtements signent l’accord, notamment les marques américaines les plus connues comme GAP. À présent, PVH, propriété de Tommy Hilfiger et de Calvin Klein est la seule marque américaine qui a signé. Les entreprises ciblées en Europe incluent Kik, Carrefour, Marks & Spencer et Next.

Suivez le compte à rebours jusqu’au 15  mai à minuit (CEST - heure d’été d’Europe centrale) sur Twitter  #bangladesh  @IndustriALL_GU @uniglobalunion @JyrkiRaina @PJenningsUNI

Nouveaux signataires aujourd'hui:
Benetton
El Corte Ingles
Mango
Marsk & Spencer
Next
Stockmann
N Brown Group
G-Star