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Des travailleurs sur un des nombreux chantiers de démolition de navires de Chittagong au Bangladesh. Photo : IndustriALL, 2015

Des travailleurs sur un des nombreux chantiers de démolition de navires de Chittagong au Bangladesh. Photo : IndustriALL, 2015

Des agents de sécurité ouvrent le feu sur des démolisseurs de navires au Bangladesh

01.04.2016

Sept personnes, dont un garçon de 16 ans, ont été blessées au Bangladesh après que des agents de sécurité d’une entreprise de démolition de navires ont ouvert le feu sur des gens qui protestaient à la suite du décès d’un ouvrier.

Mohammad Sumon était mort sur le coup après avoir été renversé par un camion transportant de la ferraille du chantier Kabir Steel à Chittagong, dans la matinée du 28 mars 2016.

Ayant appris l’accident, des riverains, des collègues et des membres de la famille de Sumon se sont rassemblés sur les lieux. Selon nos informations, les autorités de Kabir Steel avaient fait emmener le corps à l’intérieur des locaux et ont refusé de le remettre aux membres de la famille. Éplorés et en colère, ils ont commencé à protester, bloquant pendant environ deux heures la grand-route Dacca-Chittagong, qui passe devant l’entreprise, pour exiger que les coupables soient punis.

Des agents de sécurité de l’entreprise, agissant selon nos informations sur ordre de Kabir Steel, ont alors ouvert le feu sur les manifestants, blessant sept personnes identifiées comme étant : Nurun Nabi (20 ans), Delwar (24 ans), Usman (25 ans), Munna (20 ans), Musammat Shahnaz (25 ans), Shabuddin (18 ans) et Samir Ahad (16 ans).

IndustriALL Global Union a écrit au Premier Ministre du Bangladesh pour “condamner en des termes les plus fermes” la fusillade.

“Nous exigeons qu’une enquête soit menée pour déterminer pourquoi une telle brutalité a été déployée contre les manifestants. Les coupables doivent être punis,” écrit le Secrétaire général d’IndustriALL, Jyrki Raina. “Nous ne pouvons nous permettre de laisser aller les choses comme si de rien n’était alors que les travailleurs risquent leur vie quotidiennement sur les chantiers de démolition de navires au Bangladesh.”

“IndustriALL appelle le gouvernement du Bangladesh à s’assurer que les victimes d’accidents reçoivent une indemnisation convenable et que soient punis les employeurs qui exploitent des chantiers de démolition de navires avec une négligence grave.”

La lettre exhorte également le gouvernement à mettre en œuvre immédiatement la Loi sur le Recyclage des Navires de 2015, récemment révisée, et d’accélérer la procédure de ratification de la Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires.

Les trois premiers mois de 2016 ont vu la mort de quatre travailleurs sur des chantiers de démolition de navires au Bangladesh :

Ce 12 mars 2016, Mohammad Morselin, un démolisseur de navire âgé de 20 ans, a chuté d’un bateau alors qu’il travaillait sur le chantier SL Ship Breaking Yard à Kumira, dans l'upazila de Sitakunda. Il est décédé à l’hôpital le 15 mars. Un autre travailleur, Minhaj (43 ans), du même chantier, est également décédé le même jour. Bien qu’il a été avancé que sa mort serait due à une insolation, ses collègues soupçonnent qu’il soit mort dans un accident.

Le 3 mars, Mohammad Shafiqul Islam Shikder (34 ans) a succombé à des blessures encourues alors qu’il déposait un conditionnement d’air sur un navire, celui-ci étant tombé sur lui. Il travaillait au chantier OWW, propriété de Mahsin Badsha.

Le 20 janvier, le démolisseur de navires Akkas Mian (42 ans) est mort, une plaque métallique ayant chuté sur lui pendant le démantèlement d’un navire sur le chantier Asad de Madam Bibir Hat, dans l'upazila de Sitakunda.