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L'action a eu lieu la veille du procès de deux dirigeants syndicaux accusés de diffamation

Les syndicats mondiaux manifestent leur solidarité avec le SNATEGS devant la mission permanente d'Algérie auprès des Nations unies à Genève, en Suisse

Valter Sanches, le Secrétaire général d'IndustriALL, en compagnie des dirigeants de l'UITA et de l'ISP

Le SNATEGS et d'autres syndicats indépendants sont attaqués en Algérie

IndustriALL et les Syndicats mondiaux protestent contre les procès de dirigeants syndicaux algériens

05.02.2018

Les Syndicats mondiaux IndustriALL, CSI, ISP et UITA, qui représentent 200 millions de travailleurs, ont remis aujourd'hui, lundi 5 février, à la mission permanente d'Algérie à Genève (Suisse), une lettre de protestation contre la répression de dirigeants syndicaux indépendants dans ce pays.

Cette démarche a eu lieu la veille du procès d'Abdelkader Kawafi, le Secrétaire général de l'affilié de l'énergie d'IndustriALL, SNATEGS, et de Kaddour Chouicha, le Coordinateur national du syndicat des enseignants, SESS. Tous deux doivent comparaître demain, mardi 6 février, pour répondre de chefs d'inculpation de "diffamation" et d'"incitation à un rassemblement non autorisé", alors qu'ils exerçaient des activités syndicales légitimes.

Benzine Slimane, le Président du syndicat des agents de sécurité et de protection SNATEGS, licencié précédemment, passera lui aussi en jugement cette semaine, le 8 février. D'après le syndicat, il est accusé par la compagnie d'énergie d'État Sonelgaz de diffamation pour avoir parlé de travail précaire dans l'entreprise et avoir appelé à la fin du harcèlement sexuel envers les femmes.

En outre, le Président du SNATEGS, Raouf Mellal, a introduit des recours contre plusieurs condamnations représentant un total de 17 mois de prison et de 10.000 euros (12.300 $) d'amendes.

Raouf  Mellal subit des pressions croissantes depuis qu'il a joué le rôle de lanceur d'alerte en dénonçant le gonflement illicite des factures d'électricité par la Sonelgaz depuis une dizaine d'années, au détriment de huit millions de foyers algériens.

Cette action de protestation précède une mission de contacts directs que l'Organisation internationale du travail (OIT) doit effectuer à la fin du mois en Algérie. En juin 2017, la Commission de l'application des normes de l'OIT a prié le gouvernement algérien de mettre fin à toutes les pratiques d'intimidation et aux violences policières contre les dirigeants syndicaux, ainsi que de procéder sans délai à l'enregistrement des syndicats indépendants et à la réintégration des travailleurs licenciés en raison de leur activisme syndical.

Dans la lettre au ministre algérien du Travail, Mourad Zemali, qu'ils ont remise aujourd'hui à la mission permanente, les dirigeants des Syndicats mondiaux écrivent :

"Au nom de tous nos membres du monde entier, nous appelons le gouvernement à abandonner toutes les procédures judiciaires contre les représentants élus et les syndicalistes du SNATEGS, à réintégrer immédiatement et inconditionnellement tous ceux qui ont été licenciés pour motif d'affiliation syndicale et à se conformer aux recommandations de l'OIT pour assurer la liberté syndicale en Algérie."

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, qui, avec les dirigeants de l'ISP et de l'UITA, a rencontré le représentant de la mission permanente d'Algérie, déclare :

"Nous leur avons dit clairement que si le gouvernement n'entame pas le dialogue avec nous, nous allons agir."