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Les femmes membres des affiliés à IndustriALL dans la région MENA se sont réunies dans la ville marocaine de Casablanca les 28 et 29 août.

La campagne visant à mettre fin aux violences faites aux femmes marque des points dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA)

27.09.2017

Les affiliés à IndustriALL Global Union ont activement aidé à l’adoption des nouvelles lois améliorant les droits des femmes dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). 

La Jordanie et la Tunisie ont adopté, cet été, une législation importante renforçant la protection des femmes, alors qu’au Maroc, le parlement examine actuellement un projet visant à mettre en place une nouvelle institution pour l’égalité. Les affiliés à IndustriALL ont participé à ces processus.

Le réseau régional des femmes d’IndustriALL dans la région MENA a lancé une campagne visant à mettre fin aux violences faites aux femmes en août 2016. Lors de sa dernière réunion à Casablanca, les 28 et 29 août 2017, le réseau a déclaré que l’adoption de ces nouvelles lois était une victoire importante pour l’avancement et la protection des droits des femmes.

Le texte adopté par le Parlement tunisien en juillet 2017 reconnaît non seulement les violences physiques mais également celles psychologiques et économiques. Il renferme des mesures pour protéger et venir en aide aux victimes. Il reconnaît le rôle des médias et de l’éducation en matière de prévention de la violence. Surtout, il abroge une disposition très controversée du Code pénal qui permettait à un violeur d’échapper à toutes poursuites s’il épousait sa victime mineure. En août, la législation jordanienne abrogeait cette même disposition.

En Tunisie, les affiliés à IndustriALL ont commencé à sensibiliser leurs membres à la nouvelle loi et indiqué souhaiter travailler sur sa mise en œuvre comme prochaine étape. Selon une étude réalisée par un organisme public tunisien en août dernier, 54 pour cent des femmes tunisiennes sont victimes de différentes formes de violence, que ce soit dans les espaces publics, au travail, à l’école ou dans les sphères économiques et politiques. Les participants à la réunion du réseau régional MENA d’autres pays, dont la Palestine, la Jordanie, le Bahreïn et le Maroc, ont également dénoncé les violences continues perpétrées contre les femmes sur leurs lieux de travail dans leurs pays respectifs ainsi que l’absence de déclaration de la majorité des actes de violence du fait que cette question demeure un tabou. Les syndicats ont fait part de leurs actions de lutte contre les violences sur leurs lieux de travail.

«  Les femmes sont victimes de harcèlement partout où elles se trouvent: chez elles, dans la rue, dans les taxis, au travail… les mentalités doivent changer! La violence à l’égard des femmes est inacceptable. En tant que syndicats, nous continueront à lutter pour y mettre fin », a déclaré Latifa Benwakrim, membre du syndicat marocain des travailleurs/euses du secteur de l’énergie, SNIPGN-CDT, et coordinatrice régionale du réseau régional des femmes d’IndustriALL dans la région MENA.  

La campagne visant à mettre fin aux violences contre les femmes s’inscrit dans une stratégie plus large menée par le réseau régional et les réseaux nationaux des femmes d’IndustriALL dans la région MENA visant à promouvoir l’égalité des droits et le leadership des femmes sur le lieu de travail et au sein des syndicats. Les participants à la réunion de Casablanca ont fait part des mesures prises et des formations organisées l’an dernier en Egypte, en Jordanie, en Iraq, au Maroc et en Tunisie pour améliorer les connaissances des femmes syndiquées sur les droits syndicaux et des travailleurs. Outre la campagne menée pour que le gouvernement tunisien ratifie la Convention n° 183 de l’OIT sur la protection de la maternité, les syndicats en Tunisie se battent pour une meilleure intégration des femmes dans les structures décisionnelles syndicales sous le slogan « Les femmes syndicalistes sont des dirigeantes efficaces ». Au Maroc, les syndicats continuent de discuter et d’influer sur un projet de loi qui établira une nouvelle institution pour l’égalité.

Le réseau a décidé de poursuivre sa campagne visant à mettre fin aux violences à l’égard des femmes et de l’associer avec la campagne internationale en cours pour une Convention de l’OIT contre les violences sexistes au travail. Le réseau s’efforcera également d’améliorer la coordination en son sein pour renforcer la campagne. Les affiliés produiront des outils régionaux, tels que des dépliants et des vidéos, pour promouvoir la campagne.