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La mort de travailleurs mexicains cristallise le débat sur le monde du travail au sein de l’ALENA

27.11.2017

L’assassinat de deux salariés mexicains d’une entreprise canadienne a accentué la tension au sein du cinquième round de négociations de l’ALENA. Les syndicats du Canada et des États-Unis appellent à de meilleures normes du travail au Mexique.

Le cinquième round de négociations entre les États-Unis, le Mexique et le Canada sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) à Mexico s’est terminé le 21 novembre sans accord sur les questions les plus controversées.

Parmi les problématiques non-résolues, ont retrouve les appels envers le Mexique pour qu’il améliore ses normes du travail afin que les trois pays puissent négocier avec des règles du jeu identiques.

Le débat sur cette question est devenu plus conflictuel après que soit tombée la nouvelle de l’assassinat de deux salariés mexicains de l’entreprise canadienne Torax Gold Resources à la mine Media Luna. L’affilié canadien d’IndustriALL UNIFOR, ainsi que United Steelworkers (USW), l'affilié nord-américain représentant les travailleurs américains et canadiens et l’affilé mexicain Los Mineros ont appelé de manière vigoureuse le gouvernement mexicain à faire cesser ces attaques ininterrompues à l’égard de la liberté syndicale.

Jerry Dias, Président d’UNIFOR et Conseiller à l’occasion des pourparlers sur l’ALENA, a appelé le Président mexicain Enrique Peña Nieto à améliorer les conditions de travail et à prévenir les violations de la liberté syndicale s’il souhaite poursuivre le traité de libre-échange :

Je mets au défi le Président mexicain Enrique Peña Nieto de montrer du courage et de faire ce qui est juste en acceptant les réformes du travail proposée au sein de l’ALENA en vue de garantir le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective. UNIFOR ne soutiendra jamais l’ALENA en l’absence de réformes au niveau du droit du travail au Mexique.

Le dirigeant syndical a également fait référence à la récente augmentation du salaire minimum au Mexique, qui le porte à 88 pesos par jour (6 dollars), ce qui est bien en deçà des revendications syndicales et maintient les travailleurs et travailleuses du Mexique sous le seuil de pauvreté.

Ceci ne permet en rien d’aboutir à des relations commerciales équilibrées. Il n’est absolument pas possible que les travailleurs et travailleuses du Canada et des États-Unis puissent concurrencer leur homologues si ceux-ci sont payés à peine quelques centimes de l’heure.

L’USW a demandé au gouvernement canadien de revendiquer l’amélioration des normes du travail au cours des négociations de l’ALENA et a l’exhorté à demander aux autorités mexicaines et à l’entreprise de reconnaître les droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses du Mexique et d’éviter toute nouvelle forme de violence.

"Nous exhortons une fois de plus que le gouvernement canadien intervienne auprès des autorités mexicaines et de l'entreprise afin de reconnaître les droits fondamentaux des travailleurs mexicains et de prévenir d'autres actes de violence."

Enfin, le Président du syndicat Los Mineros, Napoléon Gómez Urrutia, a condamné l’attaque lâche perpétrée à la mine Media Luna, en exigeant que ses auteurs soient poursuivis et que le gouvernement révoque la concession minière accordée à l’entreprise étrangère.

Les gouvernements du Canada et du Mexique doivent agir rapidement pour s’assurer que la justice prévale dans ce conflit, qui intervient au moment où l’Accord de Libre-échange nord-américain est en cours de renégociation.