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Grève d’avertissement à Gevelsberg. Photo : Thomas Range

Salariés de GKN Walterscheid, Sohland. Photo : André Wirsig

Photo : Marcus Scholtz/IG Metall

Des apprentis se joignent à la grève. Photo : Christian v Polentz

Salariés de Porsche à Zuffenhausen. Photo : Joachim Roettgers Graffiti\web

Le syndicat allemand de la métallurgie lance de grandes grèves pour des hausses salariales et réductions du temps de travail

11.01.2018

IG Metall entame une série de grandes grèves avant un round de négociation avec la fédération des employeurs Gesamtmetall.

Cette action syndicale a commencé le lundi 8 janvier par une série de grèves d’avertissement, de courtes actions au cours desquelles les travailleurs et travailleuses se croisent les bras pendant quelques heures et descendent dans les rues pour manifester. Environ 160.000 travailleurs et travailleuses ont mené des actions dans plus de 80 entreprises, dont Volkswagen, Porsche, Mercedes Benz, Daimler, Siemens, Thyssenkrupp, Thales, Airbus, Honeywell, Bombardier et Atos.

Si aucun progrès n’est enregistré au niveau des négociations, le syndicat a l’intention d’étendre ses actions à des journées de grève entières ciblant des entreprises clés. Le premier round de négociation en vue d’une convention collective pour les 3,9 millions des travailleurs et travailleuses du secteur de la métallurgie et de l’électronique commence aujourd’hui, par la rencontre du syndicat avec l’association régionale des employeurs du Land de Bade-Wurtemberg, où sont installés un certain nombre de constructeurs automobiles.

Le syndicat recherche un accord fondamentalement nouveau pour les salariés de l’industrie en Allemagne, qui leur permette de bénéficier des hausses de productivité et d’atteindre un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Dans une période où l’économie est en plein essor et où le chômage est au plus bas, le syndicat appelle à une hausse des salaires de 6%.

Une autre revendication clé vise le droit à réduire son temps de travail à 28 heurs par semaine pour pouvoir s’occuper de ses enfants ou de parents âgés, avec le droit de reprendre le travail à plein temps au bout de deux ans. Le syndicat fait également campagne pour obtenir une allocation supplémentaire de €200 pour ces personnes aidantes. Le syndicat est d’avis que les rôles liés au genre sont en train de changer et que la réduction du temps de travail permettrait à davantage de femmes de rejoindre le monde du travail et à davantage d’hommes d’assumer des prises en charge familiales.

Par le passé, ce sont les entreprises qui ont exigé de la flexibilité de la part de leurs salariés. Le syndicat veut retourner la proposition de sorte que le travail flexible bénéficie aux travailleurs et travailleuses et leur permette de choisir un régime de travail qui corresponde à leur vie de famille.

S’adressant à 2.000 travailleurs et travailleuses lors d’un meeting à Homburg dans la Sarre (sud-ouest), le président d’IG Metall Jörg Hoffman, également président d’IndustriALL Global Union, a déclaré :

“Pour IG Metall, il n’y aura de convention collective de travail qu’avec ces trois composantes : une augmentation de salaire décente, une possibilité de choisir un temps de travail réduit pour une période de temps limitée et des subventions qui rendent la réduction du temps de travail pour s’occuper d’un parent, d’enfants ou de malades possible pour chacun.”

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“L’économie allemande se porte bien et il n’est que juste que les travailleurs et travailleuses bénéficient également des gains de productivité et aient le droit à la flexibilité.

“Ce qui est réellement historique, c’est la revendication de la réduction du temps de travail à 28 heures par semaine. Il est important que les travailleurs et travailleuses bénéficient des changements qu’Industrie 4.0 entraîne pour le monde du travail. Cette revendication d’IG Metall montre des syndicats indiquant la voie de la construction d’une économie qui fonctionne en faveur de tous.”

Avec 2,3 millions de membres, IG Metall est l’un des plus grands et plus puissants syndicats au monde. La convention collective que le syndicat est en train de négocier concerne 3,9 millions de travailleurs et travailleuses.