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Les syndicats exigent de LafargeHolcim un réel engagement

21.10.2016

Environ 60 délégués de différents pays de par le monde se sont réunis, en présence du producteur de ciment et de matériaux de construction de premier plan, LafargeHolcim, à Hyères, en France à l’occasion de leur troisième conférence syndicale, du 17 au 19 octobre dernier.

Le but principal de cette conférence était de tracer la voie d’un futur travail et dialogue social chez LafargeHolcim. Sur base des résultats de la conférence, les délégués ont adopté à l’unanimité la “Déclaration d’Hyères”.

“Nous apprécions la volonté de la direction de l’entreprise d’entrer dans ce dialogue social, mais nous devons voir des engagements plus sérieux, des solutions opportunes et au bout du compte un accord écrit”, indique la déclaration.

Les délégués ont échangé les dernières nouvelles sur la situation des travailleurs au sein des sites de production du groupe en Europe, Asie, Afrique, Moyen-Orient, Amérique latine et du Nord. Des délégués de toutes les régions ont exprimé leur préoccupation par rapport au recours excessif au travail précaire se soldant par l’appauvrissement, la violation des droits et la mort de travailleurs et travailleuses.

Le dialogue social chez LafargeHolcim n’est pas encore ce qu’il devrait être et certains délégués n’ont pas pu assister à la conférence, leurs directions locales respectives y ayant opposé une forte résistance. Cette question a été soulevée auprès de la direction internationale de l’entreprise qui a promis de résoudre ce problème.

Au Canada, au début de cette année, un conflit de travail a débouché sur un lock-out de travailleurs et à un recours illégal à des briseurs de grève de la part de la direction locale. Avec le concours d’IndustriALL Global Union, ce cas a été dénoncé auprès de la direction internationale de l’entreprise et le conflit a finalement été résolu en mai 2016.

Malheureusement, il ne s’agissait pas du dernier conflit. Lors de la conférence, les représentants des Métallos USW du Canada ont fait part d’un nouveau lock-out sur un site LafargeHolcim cette fois à la Carrière de calcaire de Texada, en Colombie britannique. Les travailleurs lock-outés ont reçu un ferme message de solidarité de la part des participants à la conférence qui ont promis de soulever l’affaire auprès de la direction internationale par le biais d’IndustriALL Global Union et de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois, d’exiger de mettre un terme au conflit et de reprendre les négociations.

Les participants ont noté certains progrès au niveau européen, notamment s’agissant de l’accord sur le Conseil d’Entreprise européen, dont les négociations devraient être finalisées avant la fin de l’année. Ils ont également exprimé leur déception quant au fait que LafargeHolcim n’avait pas encore entamé les négociations concernant un accord-cadre mondial.

La résolution du conflit vieux de près de 25 ans avec la victoire en Inde du PCSS, un affilié d’IndustriALL, a été chaleureusement saluée. Les collègues indiens ont fait rapport sur de nouvelles évolutions de la situation au sein de leur usine. Cependant, une partie du conflit dans une autre région d’Inde reste sans solution : la direction locale refuse de négocier et de résoudre la question relative aux personnes qui ont perdu leurs terres au profit des prédécesseurs de LafargeHolcim.

Claire Boulic Ramaget, Directrice adjointe des relations professionnelles et des politiques sociales chez LafargeHolcim a participé à la conférence et a présenté la vision d’avenir de l’entreprise et sa stratégie de durabilité, “le Plan 2030”, et a répondu aux questions des participants. Feliciano Gonzalez, Directeur des relations professionnelles et des politiques sociales du groupe LafargeHolcim n’a pu participer à la session, mais il a appelé, a eu l’occasion de parler aux délégués et de répondre à des questions. M. Gonzalez a confirmé l’intention de l’entreprise de poursuivre les négociations sur les structures du dialogue social avec les fédérations syndicales internationales IndustriALL et IBB, en faisant des questions de santé et sécurité une part intégrante du dialogue social.

Alister Scott, Directeur du département santé du groupe LafargeHolcim a présenté le nouveau plan santé de l ’entreprise au sein duquel le groupe fait de la prévention des risques de santé sa priorité.

S’agissant de ce plan, Brian Kohler, Directeur d’IndustriALL pour la santé, la sécurité et la durabilité a fait ce commentaire :

“Nous complimentons LafargeHolcim pour les efforts consentis pour développer son nouveau plan de santé et sécurité professionnelles. L’intention de l’entreprise de fixer la prévention des risques de santé comme une priorité est un encouragement pour nous. Nous regrettons cependant que jusqu’ici la direction ait failli à impliquer les représentants des travailleurs à quelque stade que ce soit de l’élaboration du dit plan. Malheureusement, l’aspect sécurité du plan se focalise toujours sur les comportements des travailleurs plutôt que sur les systèmes de sécurité. Au cours de la première moitié de cette année, 50 personnes sont mortes au travail au sein de l’entreprise. Cela signifie que la situation concernant les décès chez LafargeHolcim est allée de mal en pis. Nous sommes fermement d’avis que tous ces décès sont évitables et seraient évités si le groupe commençait à impliquer les travailleurs dans la conception et la mise en œuvre de l’ensemble des politiques, programmes et procédures de santé et sécurité professionnelles aux niveaux mondial, national et de chaque usine.”

Commentant les résultats de la conférence, Matthias Hartwich, Directeur pour l’ingénierie mécanique et les matériaux a indiqué :

“Je suis fier de faire partie de ce réseau mondial. Nous avons fait d’importants progrès, nous avons pris des décisions fondamentales et nous entamerons le dialogue social avec l’entreprise dès qu’elle s’y montrera disposée. Je suis content d’avoir eu la présence de toutes ces merveilleuses personnes et nous allons aller de l’avant au cours des prochains mois, j’en suis largement convaincu. Mais le chemin est encore long.

Nous devons nous organiser syndicalement et il nous faut à bord ces pays où le dialogue social n’est pas aussi solide que dans les pays présents à cette réunion. Nous promettons de le faire et nous promettons d’arriver à un véritable dialogue social avec LafargeHolcim qui implique les travailleurs et leurs syndicats à niveau local, national, régional et mondial.”

À l’issue de la réunion, la comité syndical mondial a résolu de se rencontrer à nouveau l’an prochain et de poursuivre son travail.