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Les syndicats mondiaux unis font bloc pour soutenir les syndicats indépendants en Algérie

07.06.2018

Les syndicats mondiaux se sont rassemblés à l’extérieur de l’Organisation des Nations Unies à Genève, le 6 juin 2018, pour manifester contre la persécution des syndicats indépendants en Algérie.  

Le rassemblement, soutenu par IndustriALL Global Union, IUF, PSI, ITUC ainsi que des syndicalistes venus de nombreux pays, a eu lieu durant la Conférence internationale du travail (CIT), qui se tient à l’Organisation des Nations Unies du 28 mai au 8 juin. Le gouvernement algérien a subi un examen attentif de la Commission de l’application des normes de la CIT pour les violations répétées de la Convention n° 87 de l’OIT sur la liberté syndicale dans le pays. 

C’est la quatrième fois au cours de ces cinq dernières années que l’Algérie a été retenue pour faire l’objet d’une attention spéciale de la Commission de l’application des normes. En février de cette année, une mission de contacts directs de l’OIT, recommandée par la Commission en juin 2017, a dû être annulée après que le gouvernement algérien ait refusé d’en autoriser l’accès aux syndicats indépendants.

S’exprimant lors de la discussion sur l’Algérie de la Commission, Raouf Mellal, président de l’affilié à IndustriALL dans le secteur de l’énergie SNATEGS, a déclaré: 

« Nous avons été victimes d’une campagne de répression terrible et ce, malgré la ratification par l’Algérie de la majorité des conventions internationales consacrées aux libertés syndicales ». 

Il a révélé à la Commission que le Ministre du travail avait pensé dissoudre son syndicat deux fois, en contradiction directe avec le droit algérien. Plus de 223 dirigeants syndicaux ont été licenciés en 2017 en raison de leur engagement dans SNATEGS. Dans le même temps, Raouf Mellal et deux autres dirigeants de SNATEGS, M. Abdelkader Kouafi, Secrétaire général, et Bin Al-Zain Sulaiman, chef du syndicat des agents de sûreté affilié à SNATEGS, ont été condamnés à une peine d’emprisonnement sous des chefs d’accusations divers suite à des dénonciations et diffamations ainsi que pour avoir défendu une femme victime de harcèlement sexuel sur son lieu de travail.

La Commission de l’application des normes a également entendu le témoignage de la Confédération générale autonome des travailleurs en Algérie, qui attend en vain une reconnaissance juridique officielle depuis 2013 alors que, d’après la législation, la procédure ne nécessite pas plus de 30 jours. 

Le syndicat du secteur public, SNAPAP, a informé la Commission de la constitution par les autorités algériennes d’une organisation du même nom soutenue par l’Etat. Chaque fois que SNAPAP essaie d’organiser une section syndicale, l’administration locale et les forces de sécurité intimident les travailleurs pour qu’ils adhèrent plutôt à l’organisation clone.

Au cours de la discussion sur l’Algérie qui a eu lieu à la Commission de l’application des normes, le porte-parole du groupe des employeurs, Sonia Regenbogen, s’est dit déçue que la mission de l’OIT n’ait pas pu aboutir.   

Dans le projet de conclusions de la discussion sur l’Algérie de la Commission de l’application des normes, la Commission a recommandé que le gouvernement accepte maintenant une mission de haut niveau dans le pays conduite sans restriction par l’OIT avant novembre 2018. 

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, a déclaré: 

« Nous demandons instamment au gouvernement algérien d’accepter sans condition une mission de haut niveau de l’OIT, pour permettre un véritable examen des libertés syndicales. La voix démocratique des travailleurs en Algérie ne sera pas réduite au silence et nous continuerons à apporter notre soutien aux syndicats indépendants dans le pays ».