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Peine d’emprisonnement à perpétuité prononcée contre les travailleurs de Maruti Suzuki

21.03.2017

Le 18 mars, le Tribunal de district de Gurgaon a condamné 13 responsables syndicaux à la réclusion à perpétuité sur les 31 travailleurs de Maruti Suzuki jugés. En signe de protestation contre cette décision, les travailleurs ont déposé, le 20 mars, leurs outils de travail une heure durant dans six différentes usines Maruti Suzuki.

Quatre autres travailleurs ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de 5 ans. La plupart d’entre eux sont déjà incarcérés depuis plus de quatre ans, alors que leurs familles connaissent des conditions de vie épouvantables.

Une amende symbolique avait été infligée. En raison de leur incarcération préalable, les 14 travailleurs restant doivent être libérés immédiatement et s’acquitter d’une amende de 2 500 Rs (38 US$).

Une fois le verdict prononcé, l’avocate des travailleurs, Vrinda Grover, a déclaré:

Selon toute invraisemblable, le Ministère public a requis la peine capitale contre les travailleurs reconnus coupables. Au cours du procès, l’avocat de la défense a argumenté avec force que les 117 travailleurs avaient été emprisonnés de façon illégale et injustifiée à l’instigation de la compagnie sans aucun élément de preuve, comme l’a confirmé le tribunal.

Nous allons introduire un recours contre l’ensemble de ces condamnations et sommes convaincus d’obtenir justice devant la juridiction supérieure. Rien ne permet de relier les travailleurs condamnés au meurtre. Il est important de rappeler qu’ils étaient tous responsables syndicaux. Il est par conséquent évident qu’il s’agit d’une tentative de musellement ciblé de la part de l’Etat.

Apoorva Kaiwar, Secrétaire général d’IndustriALL pour l’Asie du Sud, a indiqué:

La décision du Tribunal de district de condamner à la réclusion à perpétuité ces 13 travailleurs, alors tous membres du comité directeur du syndicat, est très inquiétante.  

L’acquittement des 117 travailleurs est la preuve tangible que les travailleurs ont été mis en cause à tort dans cette affaire. Les travailleurs de Maruti Suzuki paient le prix de leur lutte pour leur droit constitutionnel à la liberté syndicale. Tout ceci aurait pu être évité si la direction et l’administration de l’Etat avaient géré les demandes des travailleurs de façon réfléchie. Nous espérons que le recours des travailleurs devant la juridiction supérieure permettra que justice soit rendue aux travailleurs.

Un grand rassemblement public de travailleurs devrait avoir lieu le 23 mars dans la région de Delhi-Gurgaon pour protester contre la décision du Tribunal et planifier les nouvelles activités.

Rappel des faits à Maruti Suzuki

Un cadre de l’entreprise est décédé après qu’un violent incident ait éclaté à l’usine Maruti Suzuki le 18 juillet 2012. La société a alors licencié 546 travailleurs permanents et 1 800 travailleurs contractuels. Des dizaines de travailleurs ont été arrêtés et 139 emprisonnés pendant plus de trois ans et demi, alors que onze travailleurs n’ont jamais pu bénéficier d’une mise en liberté sous caution.