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Union organizer registers new member in Indonesia

Transformer notre manière de syndiquer

15.12.2016

Depuis sa création en 2012, IndustriALL Global Union a fait des efforts particuliers en matière de syndicalisation. C’est un aspect indispensable de l’ensemble des programmes, campagnes et activités syndicales.

Dossier spécial

Texte : Alexander Ivanou

Lors de son 2e Congrès mondial, IndustriALL Global Union a défini sa mission comme étant de renforcer la puissance syndicale et de défendre les droits des travailleurs dans ses secteurs. Augmenter les effectifs syndicaux et rendre les adhérents plus actifs au sein de leurs organisations font partie des activités les plus importantes qu’IndustriALL promeut et soutient.

La tâche est énorme. Selon la Confédération syndicale internationale, au plan mondial, seuls 7% des travailleurs et travailleuses sont organisés au sein de syndicats libres et indépendants.

REDÉCOUVRIR LA SYNDICALISATION

Avant de se focaliser sur la syndicalisation, le Syndicat finlandais des métallurgistes avait fait face au dilemme d’effectifs inactifs et en régression au sein d’un pays européen riche. Jusqu’aux années 1970, les syndicats avaient joué un rôle moteur dans l’amélioration des normes du travail et avaient acquis une convention collective nationale contraignante pour l’ensemble du secteur de la métallurgie. Quarante ans plus tard, la posture du syndicat était beaucoup moins forte.

ASLAK HAARAHILTUNEN, en charge de la syndicalisation auprès du Syndicat finlandais des métallurgistes, Metallityöväen Liitto r.y.

“En 2012, notre Congrès a décidé de se concentrer sur la syndicalisation. Nous avons démarré avec de petites campagnes sur une vingtaine ou une trentaine de sites pour y faire passer le message de base des syndicats.”

Le syndicat a commencé par un exercice de cartographie. Une des premières constatations sur ces sites de petite taille a été que les conditions n’y atteignaient pas les normes de la convention nationale. L’organisation a décidé de ne pas agir de manière traditionnelle, à savoir envoyer un permanent syndical depuis son siège national pour exiger de l’employeur de corriger immédiatement les violations, faute de quoi il irait au tribunal. Au lieu de cela, le syndicat a aidé les salariés à mettre sur pied leur cellule de recrutement et à élire une délégation syndicale afin que la section locale puisse mener elle-même le combat.

Former les travailleurs et découvrir ce qu’ils voulaient changer a été un défi. Une importante révélation a été de constater que les préoccupations des travailleurs sur leur lieu de travail différaient souvent des problématiques reprises dans la convention collective.

Haarahiltunen rapporte que des choses qui pouvaient paraître mineures, comme la date de versement des salaires ou le nombre de places de parking, pouvaient en réalité devenir des questions clés, permettant aux travailleurs de décider par eux-mêmes des priorités et de mener de puissantes campagnes de recrutement autour de celles-ci.

Syndiquer n’est pas une tâche facile et la disponibilité de ressources ainsi qu’une direction syndicale dévouée sont des facteurs décisifs. Haarahiltunen indique que le soutien du président est requis dès le départ, car tant de choses peuvent mal tourner.

Pour le Syndicat finlandais des Métallurgistes, cette campagne de syndicalisation a abouti à une base d’adhérents plus active et à 13.000 nouveaux membres, soit environ 10% des effectifs totaux.

Le syndicat IBB - International Brotherhood of Boilermakers est confronté à un déclin de ses effectifs et de sa force en Amérique du Nord.

Selon Tyler Brown, directeur exécutif du secteur industriel de l’IBB, seul 7% des travailleurs et travailleuses du secteur privé aux États-Unis sont syndiqués.

“Les sections IBB Construction de l’ouest des États-Unis se sont accordées pour démarrer un fond de syndicalisation qui va permettre d’engager environ 15 nouveaux recruteurs au cours des deux prochaines années. C’est un projet pilote, mais s’il s’avère probant, il pourra être reproduit dans d’autres régions des États-Unis.”

Les Boilermakers sont en train de revigorer avec succès la syndicalisation aux États-Unis et au Canada. Le syndicat a recours à une nouvelle législation promulguée par la Commission nationale des relations de travail des États-Unis qui lui permet de se rendre sur les sites d’activité et d’y recruter des groupes plus restreints de travailleurs.

Traditionnellement, il n’était permis dans le secteur industriel que de recruter l’ensemble d’un site, ce qui impliquait qu’une majorité était nécessaire pour syndiquer. En vertu des nouvelles dispositions, le syndicat peut commencer à recruter au départ de plus petits groupes avec l’objectif de s’étendre plus tard.

SYNDIQUER DE MANIÈRE TRANSNATIONALE

En 2015, le syndicat IG Metall a décidé de dédier davantage de ressources à la syndicalisation transnationale. De nombreuses entreprises allemandes, en particulier de l’industrie automobile, fonctionnent au niveau mondial et emploient plus de personnes à l’étranger qu’en Allemagne. Maintenir sa puissance syndicale dans ces entreprises implique de construire des syndicats forts où qu’elles soient présentes.

IG Metall a uni ses forces à celles du Syndicat américain de l’automobile UAW et du Syndicat des métallurgistes VASAS en Hongrie. Ensemble, ils ont développé un système de communication rapide leur permettant d’agir sur tous les leviers disponibles et d’aider les syndicats partenaires à recruter les travailleurs des entreprises allemandes installées à l’étranger. Le projet s’intéresse spécifiquement aux équipementiers automobiles dans le sud des États-Unis et dans l’ouest de la Hongrie.

Par le biais de ce projet, les syndicats américains et hongrois obtiendront un soutien pour leurs campagnes de syndicalisation au sein des entreprises automobiles d’origine allemande et, dans le même temps, cela concoure à assurer à IG Metall un partenariat fort au sein des entreprises allemandes installées à l’étranger.

Inde

En 2015, 19.200 nouveaux travailleurs des secteurs de l’acier, des mines et de l’énergie ont été syndiqués par le biais de formations sur le renforcement syndical, d’ateliers sur la santé et la sécurité, de rassemblements et de meetings aux grilles des usines.

Zambie

Le projet de renforcement syndical d’IndustriALL vise à augmenter la syndicalisation et à mieux la cibler. En 2015, cela a permis d’enregistrer 8.440 nouveaux membres.

Indonésie

En 2013, les affiliés indonésiens ont recruté quelque 12.000 adhérents dans le secteur du métal. En 2014, grâce au projet de syndicalisation, plus de 15.000 membres ont été recrutés et, par le biais du Projet de syndicalisation durable des syndicats du métal et des mines, 6.500 autres adhérents ont rejoint IndustriALL en 2015.

Kirghizstan

L’affilié d’IndustriALL, le Syndicat des mines et de la métallurgie du Kirghizstan (MMTUK) a recruté 12.000 travailleurs et travailleuses depuis 2008. Grâce à une approche ciblée de la syndicalisation, ses effectifs sont passés de 8.000 à 20.000. Une composante de la syndicalisation était une série de formations et d’ateliers de consultation d’une journée organisée par le bureau régional d’IndustriALL.

SYNDIQUER AVEC INDUSTRIALL

Se basant sur l’expérience de ses affiliés, IndustriALL a mis au point une série de principes clés sur lesquels les syndicats peuvent s’appuyer pour recruter avec succès :

  • Construire des structures syndicales solides
  • Être démocratique et transparent
  • Inclure toutes les catégories de travailleurs et travailleuses dans l’effort de syndicalisation
  • Établir une coopération et une coordination avec d’autres syndicats
  • Ne pas concurrencer d’autres syndicats en vue de recruter les mêmes travailleurs
  • Viser l’auto-suffisance

Ces principes permettent de guider le travail de syndicalisation d’IndustriALL, y compris s’agissant du soutien à ses projets de syndicalisation. IndustriALL mène des projets de syndicalisation partout dans le monde, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine. L’accent qui est mis consiste à encourager les affiliés et leur permettre de développer une culture permanente de la syndicalisation ainsi que de mener leurs propres programmes en la matière.

Tous ces projets sont dirigés vers l’action et le renforcement de l’unité, tout en cultivant une culture de la syndicalisation rassembleuse qui implique les femmes, les non-manuels, les jeunes, les statuts précaires et les migrants, soit des pans de main-d’œuvre qui ont été historiquement marginalisés ou délaissés mais sur lesquels il faut porter son attention pour rester pertinent.

En 2014-2015, les projets d’IndustriALL ont aidé ses affiliés à recruter plus d’un quart de million de nouveaux adhérents au sein de leurs organisations.

SÖREN NIEMANN-FINDEISEN, secrétaire syndical chez IG Metall, Allemagne.

“Nous constatons un rééquilibrage des forces dans ce que nous faisons et il est temps de syndiquer à l’échelle mondiale.”

WASSILA NAFTI EP CHERNI, Union générale tunisienne du travail

Dans de nombreux pays, les recruteurs et militants syndicaux sont confrontés à de formidables défis dans leur mission et des femmes prennent de plus en plus un rôle premier dans la contre-attaque.

Solide et dévouée militante au cours de ces 14 dernières années, Wassila Nafti Ep Cherni, de l’Union générale tunisienne du travail, UGTT, a été licenciée trois fois avant que le Printemps arabe ne démarre. Alors que son employeur lui offrait un chèque en blanc pour quitter son poste, elle l’a refusé en distant :

“Qui va défendre les salariés si je m’en vais ?”