• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

"Le temps, c'est de la vie, pas de l'argent !" Photo: Bodo Marks / IG Metall

"Ensemble pour 6% de salaire en plus - Ensemble pour plus de temps pour nous". Photo: Norbert Fellecher / IG Metall

Les membres de l'affilié hongrois d'IndustriALL, VASAS, manifestent leur solidarité avec les grévistes d'IG Metall chez Mercedes-Benz à Rastatt. Photo: IG Metall

Une affiche d'IG Metall expliquant ce qui a été obtenu aux membres

Photo: Angelika Emmerling / IG Metall

Piquet de grève de membres d'IG Metall. Photo: Markus Scholz / IG Metall

"Vive la solidarité de classe !" Les travailleurs de Mahle Engineering membres de notre affilié turc Birleşik Metal-İş soutiennent IG Metall depuis Izmir.

Une grande victoire pour IG Metall crée un précédent en matière d'équilibre entre travail et vie privée

06.02.2018

L'affilié allemand d'IndustriALL Global Union, IG Metall, a remporté une victoire dans le secteur de la métallurgie et de la construction automobile qui servira de précédent en donnant aux travailleurs le droit de déterminer l'équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

IG Metall a imposé sa revendication majeure, à savoir que les travailleurs aient le droit de réduire leur semaine de travail normale de 35 heures à 28 heures sur une durée pouvant aller jusqu'à deux ans pour des obligations familiales ou pour prendre soin de proches. C'est la première fois qu'un grand accord conclu par un syndicat met en avant le temps de travail plutôt que les salaires.

La convention collective, qui couvre l'ensemble du secteur, a été conclue pour une durée de deux ans par le syndicat avec l'organisation des employeurs de l'Allemagne du Sud-ouest, Südwestmetall, après plusieurs cycles de négociations tendues et une série de grèves d'avertissement de 24 heures, les premières depuis 34 ans.

Ces grèves ont coûté à des constructeurs tels que Porsche, Daimler, BMW et Airbus près de 200 millions € en perte de production. IG Metall avait menacé de demander à ses adhérents de voter un élargissement de l'action collective en l'absence d'une offre sérieuse des employeurs.

L'accord couvre 900.000 travailleurs du cœur industriel de l'Allemagne. Il faut s'attendre à ce que des organisations patronales d'autres régions acceptent les mêmes conditions; ce seront alors 3,9 millions de travailleurs qui seront concernés.

La nouvelle convention prévoit une hausse des salaires de 4,3 pour cent pendant 27 mois, plus des prestations supplémentaires. Au départ, IG Metall réclamait 6 pour cent tandis que les employeurs n'offraient que 2,3 pour cent. Par la suite, le syndicat a décliné une offre de 6,8 pour cent, maintenant sa revendication d'une réduction du temps de travail.

Cet accord sonne la fin d'une décennie d'austérité salariale en Allemagne, sur fond de forte reprise économique et de taux de chômage le plus bas depuis la réunification du pays en 1990. Les employeurs et la Banque centrale européenne attendaient anxieusement les résultats de ces négociations qui influenceront les conventions salariales et les prévisions économiques sur tout le continent.

"Cette convention collective est un jalon sur la voie d'un monde du travail moderne d'autodétermination", a déclaré le Président d'IG Metall et d'IndustriALL, Jörg Hofmann.

Le Secrétaire général d'IndustriALL, Valter Sanches, déclare :

"Dans le passé, les entreprises réclamaient de la flexibilité des travailleurs, et pas l'inverse. La situation s'est inversée. Donner aux travailleurs le droit de réduire leur temps de travail et de déterminer l'équilibre qu'ils veulent entre travail et vie privée est une réaction excellente des syndicats à Industrie 4.0.

"Avec les nouvelles technologies, la productivité continue à augmenter sans qu'il faille créer de nouveaux emplois. Le droit de travailler moins, tout en gagnant suffisamment, est une contrepartie essentielle. Les gains de productivité obtenus par Industrie 4.0 doivent être partagés avec la société et les travailleurs, et la réduction du temps de travail est une manière d'éviter davantage de concentration des richesses dans les poches d'une minorité.

"La hausse des salaires va aussi stimuler l'économie allemande par le bas."

Avec près de trois millions d'adhérents, IG Metall est un des plus grands et des plus puissants syndicats au monde.