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415 travailleurs de Nike au Cambodge mis à pied pour avoir fait grève

12.06.2013

L’un des syndicats de travailleuses de la confection affilié à IndustriALL Global Union au Cambodge, le FTUWKC, a subi un grave contrecoup après une grève pour obtenir une hausse salariale de 14 USD par mois. IndustriALL travaille avec Nike pour intervenir.

Les travailleuses et travailleurs de la fabrique Sabrina dans la province de Kampong Speu, située à l’ouest de la capitale Phnom Penh, produisent des articles pour  Nike, Wilson Sports Apparel et Lululemon Athletica. Les derniers développements dans l’affaire en question concerne la mise à pied massive de 415 travailleuses et travailleurs accusés par la direction de Sabrina d’avoir fait grève.

Say Sokny, secrétaire général du syndicat libre des travailleurs du royaume du Cambodge, signale que des mandats d’arrêt ont été délivrés pour 16 personnes identifiées par la direction de Sabrina comme jouant un rôle décisif dans la campagne syndicale. Huit des seize personnes sont en prison, les autres se cachent.

Les activistes syndicaux arrêtés qui ont été transférés à la prison provinciale doivent être relâchés immédiatement et sans condition.

Sokny signale que la direction oblige les salariés à donner leurs empreintes digitales pour les intimider de façon continue et écarter ceux qui soutiennent la grève et demandent la mise en liberté des huit syndicalistes emprisonnés. Des centaines d’autres restent mobilisés aux portes de l’usine en exigeant leur libération.

Le camarade Sun Vanny, président de la section du FTUWKC à l’usine Sabrina, a informé IndustriALL de l’origine du conflit qui remonte à un accord signé le 30 janvier 2013 entre la direction et le syndicat, et que la direction n’a jamais respecté. L’accord concerne plusieurs améliorations dans les conditions d’emploi.

Après six mois au cours desquels l’intransigeance de la direction n’a fait que s’aggraver, les revendications du FTUWKC présentées le 9 mai on porté sur une hausse salariale mensuelle de 14 USD s’ajoutant aux 74 USD précédents, conformément à l’augmentation nationale du salaire minimum décidée le 1er mai. L’autre revendication principale du syndicat porte sur la conversion automatique des emplois temporaires en emplois permanents.

Sans réponse positive à ces revendications, une grève de sept jours a été décidée par le FTUWKC à partir du 21 mai puis à partir du 3 juin. Environ 4.000 personnes sur un effectif total de 5.300 ont pris part à la grève. Les négociations pour mettre fin à la grève ont obtenu le soutien du ministère du Travail, mais aucune contre-proposition n’a été avancée par la direction. Chea Mony, président national du FTUWKC a pris part aux négociations qui ont échoué.

Au cours de la grève, les travailleurs et travailleuses ont été dispersés avec brutalité par plus de 1.000 policiers anti-émeutes qui se sont servis à plusieurs reprises de matraques électriques. Plus de 30 manifestants ont été blessés dont deux femmes enceintes qui ont perdu leur bébé après avoir été plaquées au sol par la police le 27 mai.

IndustriALL soutient les revendications de son affilié pour obtenir un règlement, veut obtenir justice pour les deux femmes qui ont perdu leur bébé, exige la libération immédiate des huit travailleurs actuellement détenus, la réintégration des 415 membres du personnel mis à pied, et l’engagement de bonne foi d’un dialogue et de bonnes relations industrielles par la direction locale de Sabrina. IndustriALL espère que Nike, Wilson et Lululemon vont intervenir avec force pour faire aboutir les revendications.