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Photo prise plus tôt cette année et illustrant la longue campagne du NUMSA contre les courtiers en main-d’œuvre.

Photo prise plus tôt cette année et illustrant la longue campagne du NUMSA contre les courtiers en main-d’œuvre.

Afrique du Sud : grève contre le travail précaire dans le secteur du plastique

14.09.2017

Lassés par les conditions d’emploi précaires de contrats à court terme, de bas salaires et l’absence de prestations sociales, les travailleurs de Mpact Plastics et de Flexible Plastics and Packaging à Pinetown, qui se situe à une vingtaine de kilomètres de Durban, en Afrique du Sud, sont partis en grève ce 13 septembre. Regroupés au sein de l’affilié d’IndustriALL NUMSA (Syndicat national des métallurgistes d’Afrique du Sud), les grévistes revendiquaient des emplois permanents et un salaire égal pour une prestation de valeur égale en faveur des travailleurs de la sous-traitance, de meilleurs salaires, un régime pour les heures supplémentaires ainsi que des prestations sociales comme une aide médicale et des pensions.

Chez Mpact, 140 travailleurs en sous-traitance revendiquaient un salaire égal, étant moins payés que les salariés permanents. En solidarité, les travailleurs permanents les ont rejoints dans leur revendication d’un taux équivalent à 3 dollars de l’heure, au lieu de 1,50 actuellement. Ils voulaient également que leurs emplois deviennent permanents et ne plus prester en tant que salariés de courtiers en main-d’œuvre. Après une récente victoire judiciaire du NUMSA, les courtiers en main-d’œuvre ne peuvent plus employer de travailleurs pendant plus de trois mois. Si ce devait être le cas, ceux-ci deviendraient salariés permanents sur leurs lieux de travail.

Le NUMSA commente : “Nous rendons hommage aux salariés permanents de Mpact pour l’expression de leur soutien à leurs camarades en embrayant sur une grève de solidarité”.

Chez Flexible Plastics les travailleurs étaient payés 0,69 dollars de l’heure pour un total de 122 dollars par mois. C’est en dessous du salaire minimum national tel qu’il est proposé à 270 dollars et qui entrera en vigueur à partir de mai 2018.

Selon la NMWRI (Initiative de recherche sur le salaire minimum national) de l’Université de Witwatersrand, à Johannesburg, un salaire de 318 dollars est nécessaire pour amener les travailleurs et les personnes à leur charge au-dessus du seuil de pauvreté. Les études de la NMWRI ont conclu qu’environ cinq millions et demi de travailleurs d’Afrique du Sud, qui comptent parfois chacun jusqu’à dix membres de leur famille à charge, étaient des “travailleurs pauvres” en raison des bas salaires.

Le Secrétaire régional d’IndustriALL pour l’Afrique sub-saharienne, Fabian Nkomo, a déclaré : “Nous soutenons l’appel du NUMSA en faveur d’emplois permanents, d’une revalorisation des salaires et d’une amélioration des conditions de travail dans le secteur du plastique”.