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Plus de 350 véhicules ont participé à la manifestation qui a eu lieu le 19 octobre pour demander au gouvernement de sauver la raffinerie de pétrole SAMIR en proie à de très grandes difficultés.

Manifestants défilant en voitures à travers les rues de Casablanca le 19 octobre 2017.

Membres du syndicat défilant en voitures de Mohammedia au Tribunal de commerce, à Casablanca, le 19 octobre.

Des syndicats marocains défilent pour demander la réouverture d’une raffinerie de pétrole

26.10.2017

L’affilié à IndustriALL Global Union, le Syndicat National des Industries du Pétrole & Gaz Naturel (SNIPGN-CDT), défilera le 28 octobre pour demander au gouvernement de prendre des mesures immédiates pour redémarrer la production dans l’unique raffinerie de pétrole que possède le pays.  

La manifestation partira du siège social de la Confédération syndicale CDT pour rejoindre le Tribunal de commerce de Casablanca. D’autres syndicats appartenant à de nombreux secteurs et affiliés à la CDT participeront également à la manifestation par solidarité.

SNIPGN-CDT a déjà manifesté le 14 octobre, où plus de 350 véhicules ont roulé en convoi de Mohammedia jusqu’au Tribunal de commerce.

Le syndicat demande au gouvernement de prendre des mesures immédiates pour mettre fin à l’impasse dans laquelle se trouve la raffinerie de pétrole SAMIR, dont la production a été arrêtée en août 2015, après que l’entreprise ait été dans l’impossibilité de payer le montant de 1,3 milliard de US$ dû à l’administration fiscale marocaine.  

Plus de 1 000 employés de la raffinerie se trouvent dans une situation incertaine depuis plus d’une année, recevant un salaire amputé de 45 pour cent, ne pouvant plus cotiser pour la retraite et ne bénéficiant plus de couverture santé pour eux-mêmes ou leurs familles. 

Selon le syndicat, la crise a également été à l’origine de la perte de milliers d’emplois dans les industries connexes, d’une hausse des prix du carburant à la consommation ainsi que d’un déclin de la prospérité commerciale et du développement de la ville de Mohammedia et de ses sous-régions.

SNIPGN-CDT appelle le gouvernement à reprendre les activités de SAMIR, dont la production peut atteindre 200 000 barils par jour, ou à constituer une joint-venture avec une entreprise privée afin que la raffinerie puisse redémarrer la production le plus rapidement possible. Le syndicat demande également à ce que les travailleurs bénéficient d’une couverture santé et paient leurs cotisations de sécurité sociale.

Le gouvernement a continuellement refusé de consulter SNIPGN-CDT au sujet de l’avenir des travailleurs ou de celui du secteur du raffinage au Maroc. Le gouvernement n’a pas non plus demander des comptes à SAMIR pour ne pas avoir respecté l’accord conclu avec le gouvernement établissant d’investir dans la raffinerie, de préserver les emplois et de verser les cotisations de sécurité sociale. 

La Cour d’appel de commerce de Casablanca a ordonné la liquidation de la seule raffinerie de pétrole du Maroc en mars 2016. Depuis 2017, le gouvernement étudie des offres de rachat  pour reprendre les activités de l’entreprise en proie à de grandes difficultés. Cependant, la situation est toujours dans l’impasse et le gouvernement ne fait rien.

IndustriALL a écrit au Chef du gouvernement du Maroc, lui réitérant l’appel qu’il lui avait adressé à protéger les droits des travailleurs au sein de la compagnie et à redoubler d’efforts pour trouver, en concertation avec SNIPGN-CDT, une solution durable pour la raffinerie et ses employés. 

Selon le gouvernement marocain, la dette totale de SAMIR atteint quelque 4,5 milliards de US$ et continue de croître. Jusqu’à la procédure de liquidation ordonnée par le Tribunal, SAMIR était contrôlée par Corral Holdings, qui détenait 62,26 pour cent des parts de la compagnie. Corral Holdings appartient au deuxième plus riche homme d’Arabie saoudite, le milliardaire Sheikh Mohamed Houssein El Amoudi.

SAMIR n’a pas réussi à injecter 1,4 milliard de US$ en 2015. Par ailleurs, le Tribunal a rejeté une proposition de restructuration de la dette de la compagnie soumise sans garantie.