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Les femmes qui travaillent dans les mines sont considérées comme des objets sexuels, confie Phumeza Mgengo du NUM

Femmes occupées dans les mines : des collègues de travail, pas des objets sexuels

13.08.2015

Les femmes qui travaillent dans les mines sud-africaines sont soumises à du harcèlement et autres maltraitances de la part de leurs collègues masculins, confie Phumeza Mgengo du NUM (Syndicat national des Mineurs), un affilié d’IndustriALL.

S’exprimant lors d’une conférence concernant la santé et la sécurité dans les mines en Afrique du Sud le 7 août dernier, Phumeza Mgengo, qui est Secrétaire nationale de la Section des Femmes du NUM, a déclaré :

"En tant que femmes, nous sommes considérées dans la plupart des cas comme des objets sexuels. Lorsque l’on confie aux femmes des tâches qui leur demandent de se baisser, leurs formes sont révélées et cela conduit à du harcèlement sexuel.”

Elle a indiqué aux participants que les femmes se plaignaient d’abus et de discrimination de la part de leurs collègues mineurs :

“Lorsqu’ils [les hommes] nous aperçoivent, ce ne sont pas des collègues qu’ils voient mais des objets sexuels.”

Le secteur des mines en Afrique du Sud a été entaché d’actes de violence envers les femmes. En mars de cette année, une femme a été violée à la mine de Thembelani à Rustenburg et en décembre de l’année dernière, un travailleur sous-traitant a été condamné pour le viol brutal et le meurtre en 2012 de Pinky Mosiane, une femme qui travaillait dans les profondeurs de la mine Khomanani d’Anglo Platinum.

Le Directeur de la Section des Mines d’IndustriALL, Glen Mpufane, a déclaré :

“La violence sexuelle à l’encontre des femmes est répandue et non signalée par les victimes de peur de représailles, d’intimidation et de perdre leur emploi.

Selon des chiffres officiels, le nombre de femmes occupées dans les mines est passé de six pour cent de la main d’œuvre début 2008 à seize pour cent fin 2014. Cependant, les femmes sont sous-représentées dans tous les postes hiérarchiques.

“La discrimination à l’encontre des femmes est profondément ancrée et un changement s’impose,” a ajouté Glen Mpufane.

Dans un mois, Phumeza Mgengo s’exprimera sur la santé et la sécurité des femmes dans les mines à l’occasion de la Conférence mondiale des Femmes d’IndustriALL qui se tient en Autriche les 15 et 16 septembre.