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Indice CSI des droits dans le monde 2018 : réduction de l’espace démocratique et montée de la cupidité des entreprises

07.06.2018

Le nombre des pays comptant des arrestations et détentions arbitraires de travailleurs et travailleuses est passé de 44 en 2017 à 59 en 2018, et la liberté d’expression a été limitée dans 54 pays.

L’Indice CSI des droits dans le monde 2018 classe 142 pays selon des critères reconnus au plan international, qui évaluent où les droits des travailleurs et travailleuses sont les mieux protégés en termes de législation et en pratique.

Les trois tendances mondiales identifiées par l’Indice des droits dans le monde 2018, s’agissant des droits des travailleurs et travailleuses, sont la réduction de l’espace démocratique, l’influence débridée des entreprises et l’importance de la législation.

La démocratie est assiégée dans des pays qui faillissent à garantir à leur population le droit de s’organiser syndicalement, de s’exprimer et de mener des actions. Le Brésil a promulgué des législations qui nient la liberté syndicale, la Chine a restreint la liberté d’expression et l’armée a été utilisée pour réprimer des conflits sociaux en Indonésie,

indique Sharan Burrow, Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale.

Davantage de pays excluent des travailleurs et travailleuses du cadre du droit du travail, allant des migrants aux salariés des plateformes commerciales en passant par les employés du secteur public, 65% des pays excluant des catégories entières de travailleurs et travailleuses du cadre du droit du travail.

Le travail décent et les droits démocratiques s’affaiblissent pratiquement dans tous les pays, alors que les inégalités ont continué de croître.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches déclare :

Malheureusement, les violations des droits des travailleurs et des syndicats sont davantage la règle que l’exception. La semaine dernière, nous avons pris la défense de groupes de travailleurs et travailleuses d’un certain nombre de pays au cours de la Conférence internationale du Travail, où seuls les cas les plus graves sont débattus entre les parties de l’OIT. Nous allons continuer à pousser les organisations multilatérales à jouer un rôle à cet égard et à mobiliser la solidarité internationale lorsque cela s’avérera nécessaire.

Conclusions clés du rapport :

  • 65% des pays excluent certains groupes de travailleurs du cadre du droit du travail.
  • 87% des pays ont violé le droit de grève.
  • 81% des pays privent certains travailleurs, voire tous, de négociation collective.
  • Sur 142 pays étudiés, 54 interdisent ou limitent la liberté d’expression et la liberté de réunion.
  • Le nombre de pays au sein desquels les travailleurs et travailleuses sont exposés à des violences et menaces physiques a augmenté de 10% (de 59 à 65), on y retrouve le Bahreïn, le Honduras, l’Italie et le Pakistan.
  • Les pays où les travailleurs et travailleuses sont arrêtés et détenus est passé de 44 en 2017 à 59 en 2018.
  • Des syndicalistes ont été assassinés dans neuf pays ; Brésil, Chine, Colombie, Guatemala, Guinée, Mexique, Niger, Nigeria et Tanzanie.