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La délégation d'IndustriALL Global Union a visité la mine QMM de Rio Tinto lors de la mission conjointe à Madagascar

IndustriALL et Rio Tinto envoient une mission conjointe à Madagascar

09.02.2018

Pour la première fois dans l'industrie minière, IndustriALL Global Union a mis sur pied avec Rio Tinto une mission conjointe qui s'est rendue à la mine QMM Ilmenite qu'exploite la compagnie à Fort Dauphin (Madagascar), les 30 et 31 janvier 2018.

La mine QMM connaît de gros problèmes en matière de santé et sécurité et de droits au travail, sans que la direction locale et les syndicats arrivent à trouver une solution. Ces problèmes viennent d'un recours excessif et anarchique aux sous-traitants, trois fois plus nombreux que le personnel permanent. Les travailleurs des sous-traitants occupent des postes précaires et ne peuvent prétendre à des conditions d'emploi normales. Il n'existe chez QMM aucune forme institutionnalisée de représentation des travailleurs en matière de santé et sécurité et leur droit à la liberté syndicale est, au mieux, ténu.

À cette mission conjointe à Madagascar participaient la direction de Rio Tinto, des représentants des syndicats parmi lesquels Piet Matosa, du National Union of Mineworkers d'Afrique du Sud, Steve Hunt, Alain Croteau et Steeve Arsenault, de l'United Steelworkers/Métallos du Canada, Glen Mpufane d'IndustriALL, et des représentants du Bureau régional d'IndustriALL pour l'Afrique subsaharienne et de syndicats locaux. Le groupe a visité le site avant de rencontrer des dirigeants de la communauté locale.

Les participants se sont penchés sur les pratiques de la mine en matière d'emploi et de sous-traitance. La direction locale a été incapable de confirmer ou d'infirmer les affirmations de nos affiliés suivant lesquelles les rémunérations des salariés des sous-traitants ne dépassent pas 45 $ par mois, alors que le salaire minimum est de 53 $ par mois. En règle générale, les travailleurs travaillent de 15 à 16 heures par jour. Le salaire de subsistance est estimé à 400 $ par mois et 80 pour cent de la population vivent sous le seuil de pauvreté.

Les communautés et les petits propriétaires connaissent aussi des difficultés systématiques, et qui ne sont pas propres à l'industrie minière, relatives aux déplacements et aux indemnisations, qu'aggravent encore la pauvreté endémique du pays. Selon la Banque mondiale, 70 pour cent des 22,6 millions d'habitants du pays vivent avec moins de 2 $ par jour et 59 pour cent avec moins de 1,25 $, ce qui fait de ce pays un des plus pauvres au monde.

Les participants ont eu des échanges constructifs à propos du nouveau Code de bonne conduite des fournisseurs de Rio Tinto et de la manière dont il peut être mis en pratique chez QMM pour tenter de surmonter ces difficultés. De l'avis général, son application serait une bonne chose et améliorerait le bien-être des travailleurs.

Michael Gavin, le Directeur des relations avec le personnel, a dit de cette mission : "Cette rencontre a été l'occasion pour l'entreprise et pour les dirigeants syndicaux de montrer comment, au niveau de l'exploitation, les représentants des travailleurs et de la direction peuvent travailler ensemble dans le respect mutuel et dans l'intérêt de tous."

Steve Hunt, Directeur du District 3 de l'United Steelworkers et co-Président de la Division de l'industrie du diamant, de la pierre précieuse, ornementale et du bijou d'IndustriALL, qui dirigeait la mission, a déclaré : "Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis notre campagne sur Rio Tinto. L'acrimonie a cédé la place au dialogue et à la coopération. Cette réunion démontre que Rio Tinto et ses principaux syndicats collaborent dans le but d'améliorer l'existence des salariés de l'entreprise."

IndustriALL et Rio Tinto ont ensuite évoqué cette mission en tant qu'exemple d'un dialogue mondial à la conférence sur l'investissement minier "Investing in Africa Mining Indaba" qui s'est tenue au Cap, en Afrique du Sud, du 5 au 7 février 2018.