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Rio Tinto in Africa

Rio Tinto in Africa, Global Citizen or Corporate Shame?

Jyrki Raina London

Jyrki Raina at the Foreign Press Association in London

Rio Tinto in Africa Jyrki Raina London

IndustriALL prend pour cible le géant minier Rio Tinto

26.06.2012

Une semaine après sa création, IndustriALL Global Union a annoncé son intention de faire la lumière sur l’attitude moralement contestable de Rio Tinto dans le monde, et commence avec la publication d’un rapport sur les activités de l’entreprise en Afrique.

S’adressant aux journalistes à l’Association de la presse étrangère à Londres, le 26 juin 2012, Jyrki Raina, secrétaire général nouvellement élu de IndustriALL Global Union a déclaré: “L’activité menée par Rio Tinto en Afrique est une histoire de déplacement de communautés, de promesses non tenues, d’arrangements commodes avec des dictateurs locaux et d’oppression à toute participation syndicale”.

Le rapport Rio Tinto in Africa: Global citizen or corporate shame? (Rio Tinto en Afrique, citoyenneté mondiale ou honte pour l’entreprise?) publié par IndustriALL (INSERT URL) expose avec documents à l’appui les luttes menées par les travailleurs et travailleuses et leurs communautés en Afrique du Sud, en Namibie, à Madagascar, au Mozambique et au Cameroun.

“Notre nouvelle organisation syndicale internationale lance sa première campagne mondiale dans l’industrie minière, et nous nous attaquons pour cela à l’une des plus grosses entreprises minières au monde – Rio Tinto”, a déclaré Raina.

Rio Tinto gagne 15 milliards de dollars par an. La plus grande partie des bénéfices réalisés par Rio Tinto repose sur un niveau élevé de dégâts causés à l’environnement, des pratiques d’exploitation de la main-d’œuvre et le non respect des droits de la personne”, a encore dit Raina.

Le déplacement de communautés au Mozambique pour permettre l’exploitation d’une mine de charbon a empêché des populations d’avoir accès à la nourriture, au bois de chauffage et aux médicaments indigènes dont elles ont besoin, le tout sans indemnisation suffisante.

En Namibie, on signale à la mine d’uranium de Rössing une fréquence supérieure à la moyenne de maladies du travail, et un manque d’informations et de formation sur les risques liés au travail et sur les précautions à prendre pour protéger la santé.

“Comme dans beaucoup d’autres entreprises minières, des millions sont consacrés pour proclamer leur bon civisme d’entreprise, tout en faisant de leur mieux pour abaisser les normes de l’environnement et du travail dans chaque pays où elles mènent des activités”, a ajouté Raina.

Le piètre comportement de Rio Tinto ne se limite pas à l’Afrique. Depuis le début de cette année, Rio Tinto a lock-outé 780 salariés dans ses installations à Alma, Québec, pour punir les travailleurs et travailleuses et leur syndicat, United Steelworkers (USW), d’avoir repoussé les tentatives de la direction de baisser de moitié les salaires et de délocaliser la main-d’œuvre.

“Je m’oppose à ce que fait Rio Tinto car je crois que la justice n’est pas négociable. IndustriALL va montrer que Rio Tinto est un “délinquant à répétition” et un modèle de comportement destructif qui se répète partout dans le monde”, a également dit Raina.

“IndustriALL en tant qu’organisation syndicale internationale doit avoir pour rôle de rééquilibrer la répartition du pouvoir dans l’économie mondiale, loin des entreprises multinationales et tournée vers les pays, les collectivités et les populations” a finalement dit Raina.

Un réseau de syndicats qui organisent les travailleurs et travailleuses dans les installations de Rio Tinto dans le monde s’est réuni à Sydney en avril de cette année et a approuvé la décision de travailler avec IndustriALL pour collecter des informations, rendre compte au niveau mondial et entreprendre des actions sur ce qui se passe sur le terrain dans les opérations menées par l’entreprise.

Pour en savoir plus ou pour participer, contacter Glen Mpufane à: [email protected]