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Zone économique spéciale de Pars. Photo: Hamed Malekpour, Creative Commons par le canal de l’agence Tasnim News

Zone économique spéciale de Pars. Photo: Hamed Malekpour, Creative Commons par le canal de l’agence Tasnim News

Zone économique spéciale de Pars. Photo: Hamed Malekpour, Creative Commons par le canal de l’agence Tasnim News

Iran: Les travailleurs du pétrole obtiennent le paiement de leurs salaires après avoir recouru à la grève

13.12.2016

Les employés du complexe pétrochimique de Bushehr sont parvenus à toucher leurs salaires impayés après s’être mis en grève la semaine passée.

Les travailleurs sont entrés en grève le lundi 5 décembre faute d’avoir perçu leurs salaires depuis le mois de juin et ont repris le travail après avoir touché leurs paies samedi pour les mois de juillet, août et septembre. Le conflit se poursuit néanmoins. N’ayant pas été payé, le personnel administratif et d’appui – qui n’avait pas participé au mouvement de grève initial – a entrepris par la suite une grève.

Le complexe de Bushehr est une filiale de la compagnie pétrochimique publique d’Iran, implantée dans la zone économique spéciale construite à l’extérieur de la ville portuaire d’Assaluyeh pour exploiter le champ gazier de South Pars.
 
La compagnie ne reconnaissant pas les syndicats, les travailleurs sont entrés en grève sauvage, avec le soutien néanmoins de l’affilié à IndustriALL Global Union, le Syndicat des métallurgistes et des mécaniciens d’Iran (UMMI).
 
Les travailleurs dans le secteur sont engagés par des agences de recrutement sur la base de contrats garantissant des droits minimums. Aucun salaire n’est convenu au départ. Au contraire, les travailleurs sont informés que ceux-ci seront fixés et versés après qu’ils aient effectué une période d’essai d’un mois. Les compagnies pétrolières paient les agences qui régulièrement depuis des mois ne versent pas les salaires. Or, les travailleurs ont peur de perdre leurs emplois s’ils se plaignent.
 
Le personnel doit travailler en postes de 10 heures dans des conditions très difficiles, avec des températures élevées. En outre, ils doivent partager leurs logements, vivant jusqu’à dix dans des modules préfabriqués de 24 mètres carrés.
 
Vartan Khorramdin, couvrant la grève pour le syndicat UMMI, a indiqué:

« Les questions que se posent les travailleurs sont les suivantes : où va l’argent tiré de l’exploitation du pétrole et du gaz à South Pars et à Assaluyeh ? Pourquoi ne touchons-nous rien ? Les fonctionnaires gouvernementaux ne comprennent-ils pas comment utiliser nos ressources économiques pour le bien de notre pays et de sa population ?
 
« Nous, les travailleurs, voulons assurer nous-même notre développement, celui de nos familles et de notre société. Nous ne verrons pas d’un bon œil quiconque puise dans nos poches et nous enlève le pain de la bouche ».

La province de Bushehr, située dans le sud de l’Iran, abrite la ville portuaire d’Assaluyeh. Une zone économique spéciale a été construite autour de la ville pour les besoins de la compagnie pétrochimique étatique, attirant d’importants investissements étrangers.
 
Le réseau pétrolier et gazier d’IndustriALL pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, réuni aujourd’hui à Istanbul, a envoyé une déclaration de solidarité, indiquant:

« Nous sommes aux côtés des travailleurs de Bushehr. Bien que le secteur du pétrole et du gaz soit une source de revenus importante pour l’Iran, les travailleurs sont confrontés à de terribles conditions de travail et ne perçoivent pas leurs salaires. Disposer des syndicats puissants aidera la population iranienne à tirer profit de ses ressources naturelles ».

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Ce conflit montre pourquoi il est essentiel que l’Iran se dote d’un mouvement syndical libre et indépendant. Suite à la conclusion de l’accord sur le nucléaire, le pays attire des niveaux records d’investissements étrangers, ce qui signifie que les entreprises mondiales ont tout à gagner de l’exploitation des travailleurs iraniens.
 
« Nous aiderons notre affilié et les travailleurs iraniens à bâtir des syndicats puissants pour défendre leurs droits ».

Le Secrétaire général d’IndustriALL, Valter Sanches, a envoyé une lettre de solidarité au président de l’UMMI, Maziyar Gilaninejhad, exprimant son appui à la lutte.