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Le salaire minimum décent est une exigence majeure en Afrique

22.10.2014

Des campagnes sont actuellement élaborées dans plusieurs pays africains pour obtenir des salaires minimums décents.

À la suite de la conférence régionale subsaharienne de IndustriALL Global Union, les affiliés de Maurice, de Madagascar, du Lesotho, d’Éthiopie, d’Afrique du Sud et du Nigeria se sont rencontrés à Johannesburg les 17-18 octobre pour examiner la façon de réaliser des progrès dans leurs revendications concernant les salaires minimums décents.

Les mécanismes de fixation des salaires sont différents dans chacun de ces pays et les affiliés sont conscients de la nécessité de bien les comprendre pour obtenir des avancées. Les affiliés éthiopiens se battent pour obtenir pour la première fois un salaire minimum, alors que dans beaucoup de pays le salaire minimum est très inférieur à un salaire décent.

Les participant(e)s ont reconnu l’inconvénient de s’en tenir exclusivement à des augmentations du salaire minimum, quand dans certains pays il est fixé unilatéralement par le gouvernement sans consultation des partenaires sociaux. Dans d’autres pays, la consultation est rapide et même ignorée.

Les syndicats d’Afrique du Sud et du Nigeria ont fait des exposés convaincants sur la force de la négociation collective sectorielle dans l’industrie qui donne les moyens les plus efficaces pour obtenir des augmentations salariales. Pour le syndicat sud-africain du textile et de la confection, SACTWU, la campagne pour un salaire minimum décent est au cœur de son travail, la négociation centralisée permettant d’obtenir le meilleur résultat.

Le syndicat cherche à intégrer les employeurs à un conseil national de négociation, couvrant plus de 100.000 salariés, qui permettrait au gouvernement d’étendre les accords à d’autres employeurs. Les augmentations pour 2014 ont été supérieures de 8 pour cent en moyenne au taux d’inflation.

De même au Nigeria, la négociation collective sectorielle dans l’industrie est reconnue par le syndicat national des travailleurs du textile, de la confection et des vêtements sur mesure (NUTGTW) comme étant le moyen le plus efficace d’obtenir des hausses salariales applicables au plus grand nombre de travailleurs et travailleuses.

Les syndicats du Lesotho ont expliqué comment ils avaient travaillé pour une fusion qui devrait se réaliser en février 2015 afin de consolider leur puissance syndicale. Ils mènent actuellement des négociations conjointes avec le gouvernement et les employeurs pour obtenir leur propre modèle de conseil de négociation, basé sur l’expérience sud-africaine. La campagne des syndicats du Lesotho pour un salaire minimum décent est appelée 2020, en référence au montant ciblé de 2.020 LSL (184 USD) par mois.

À Maurice, beaucoup de travailleurs et travailleuses dans le secteur de la confection sont des migrants dont le salaire est très inférieur au seuil de pauvreté de 130 USD par mois. Le mécanisme de fixation du salaire minimum national ne fonctionne pas du fait que les augmentations sont du ressort du ministre, et qu’il n’y a pas eu de mise à jour dans la plupart des industries depuis des années. Les syndicats font campagne pour la fixation d’un salaire minimum équivalent à un salaire décent.

On s’attend en Éthiopie à une croissance massive dans les secteurs du textile et de la confection où il n’y a pas de salaire minimum et où les salaires se montent à environ 35-50 USD.

Le salaire minimum à Madagascar est de 53 USD, alors qu’un salaire minimum décent est estimé à 400 USD et que 80 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les syndicats font face à un défi massif dans les négociations pour l’augmentation des salaires du fait qu’ils manquent des ressources et de la capacité nécessaires.

La réunion a pris fin avec l’élaboration pour chaque syndicat de plans d’action visant à obtenir un salaire minimum décent par la syndicalisation, la création de syndicats, et par un renforcement de l’unité pour avancer vers l’objectif d’une négociation collective sectorielle dans l’industrie.