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Des adhérents de la NUM manifestent. Photo : NUM

Des adhérents de la NUM manifestent. Photo : NUM

Le syndicat sud-africain des mineurs sauve des emplois

24.01.2017

Démontrant le pouvoir du dialogue, la force du syndicat et la pertinence de la législation en vigueur, le Syndicat national des mineurs d’Afrique du Sud (NUM) est parvenu à éviter la perte de 849 emplois.

La compagnie minière aurifère AngloGold Ashanti a fait usage de l’article 189 pour avertir le syndicat ce 20 janvier de son intention de licencier pas moins de 849 travailleurs/euses. L’article 189 régit le préavis en cas de licenciement collectif et est une disposition légale dont l’application formelle est obligatoire.

Ce préavis met en branle des consultations formelles avec les syndicats. L’absence d’accord avec les syndicats conduirait à une médiation aux termes de la législation du travail.

En négociant avec AngloGold Ashanti, la NUM est parvenue à éviter les licenciements prévus et a sauvé l’ensemble des 849 emplois. Les travailleurs/euses auront une nouvelle formation et seront transféré(e)s dans d’autres unités de l’entreprisse.

La NUM avait rejeté les plans de licenciement de l’entreprise pour leur absence de considération par rapport au niveau élevé de chômage et fait valoir des alternatives. Les pertes d’emploi auraient eu des conséquences désastreuses pour les mineurs d’AngloGold Ashanti, leurs familles et tout le pays.

AngloGold et le syndicat ont conclu un accord qui permettrait de sauver les emplois “surnuméraires” concernés. L’accord prévoit une remise à niveau des compétences des travailleurs/euses affecté(e)s et le transfert de certain(e)s vers d’autres unités de l’entreprise.

Au cours de ce qui a été décrit comme “des négociations musclées” par le Coordinateur des Mines de la NUM pour AngloGold Ashanti, Tafa Moya, une analyse de toutes les unités opérationnelles a été entreprise pour déterminer les besoins et opportunités en termes de main d’œuvre, dans le but de trouver une solution au bénéfice des deux parties.

Ceci contraste avec ce qu’AngloGold Ashanti a fait au Ghana : 3.100 mineurs y ont perdu leur emploi lorsque la mine d’Obuasi a été mise au ralenti pendant qu’une étude de faisabilité circonstanciée était entreprise avec pour objectif une grande mécanisation de la production.

Moya a indiqué que la NUM tiendra une réunion avec l’entreprise ce vendredi au cours de laquelle AngloGold Ashanti expliquera où les travailleurs/euses seront transféré(e)s.

Rendant hommage à la NUM pour cette belle performance, le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Global Union, Kemal Özkan, a déclaré :

“Nous avons ici un nouvel exemple qui démontre que les compagnies minières, si on leur laisse le champ libre, rechercheront toujours le profit par-dessus tout. La NUM a montré qu’en rejetant le plan initial d’AngloGold Ashanti qui prévoyait le licenciement de 849 travailleurs/euses, les syndicats peuvent résister et protéger l’intérêt collectif de leurs adhérents”.

AngloGold Ashanti est une compagnie minière dont le siège est à Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle est diversifiée, se targue de posséder 17 mines d’or dans neuf pays différents et est la troisième plus grande compagnie minière aurifère du monde en termes de production.