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Les syndicats mondiaux font front en soutien à la grève générale coréenne

28.11.2016

Le 30 novembre, les syndicats mondiaux représentant des dizaines de millions de travailleurs manifesteront depuis la Place des Nations, à Genève, en soutien à la grève générale organisée en Corée du Sud.

Les syndicats mondiaux IBB, IndustriALL, UITA, ISP et UNI manifesteront puis remettront en main propre une lettre à la mission de la Corée du Sud à Genève soutenant la grève générale et condamnant la persécution des syndicalistes dans le pays.

La grève est organisée par la Confédération coréenne des syndicats (KCTU). Son président, Han Sang-Gyun, purge actuellement une peine d’emprisonnement de cinq ans pour avoir joué un rôle dans l’organisation d’une manifestation populaire de 100 000 personnes en 2015.

Durant ces deux dernières années, les syndicalistes ont mené une lutte acharnée contre les réformes gouvernementales de la Présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, élaborées pour baisser les salaires et précariser davantage l’emploi. En représailles, un grand nombre de syndicalistes ont été arrêtés, les bureaux des syndicats saccagés et les syndicats dépouillés de leur statut juridique.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Global Union, Valter Sanches, a déclaré :

Les membres d’IndustriALL se mobilisent à travers le monde pour soutenir la grève générale. Les travailleurs coréens sont non seulement attaqués par le gouvernement mais aussi par les grands conglomérats (chaebol) tout-puissants qui font tout ce qui est en leur pouvoir pour détruire les syndicats et les droits des travailleurs. Les syndicats coréens et le mouvement syndical mondial résistent.

Ambet Yuson, Secrétaire général de l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), a indiqué :

L’heure est venue pour la Présidente Park de démissionner. L’actuel scandale de corruption représente seulement la partie émergée de l’iceberg. Au cours de ces deux dernières années, nos collègues de la KCTU ont été pris dans une bataille difficile pour résister aux réformes néolibérales du droit du travail du gouvernement Park. L’attaque lancée par ce gouvernement sur le mouvement syndical, cherchant seulement à défendre ses droits démocratiques, nous ramène au temps de la dictature militaire. Des centaines de syndicalistes ont été arrêtés, dont beaucoup, comme Han Sang Gyun, président de la KCTU, ont fait l’objet de poursuites pénales arbitraires pour des raisons politiques.

Le Secrétaire général de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), Ron Oswald, a souligné :

L’UITA est ici pour exprimer par des actes sa solidarité avec nos collègues en Corée réclamant la démission de la Présidente et luttant contre la montée des attaques perpétrées par le gouvernement contre les droits syndicaux et les libertés civiles fondamentales. Les syndicalistes sont condamnés à des peines d’emprisonnement parce qu’ils luttent contre la précarisation, défendent le droit de grève et s’opposent à l’accord de Partenariat transpacifique. Ensemble avec nos membres en Corée et dans le monde entier, nous exigeons que le gouvernement soit tenu responsable de ces violations constantes des droits de l’homme.