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Les travailleurs cambodgiens se battent pour un salaire vital

29.01.2014

IndustriALL Global Union soutient le combat mené par les travailleuses et travailleurs de la confection au Cambodge pour un salaire minimum vital, ainsi que les revendications sur le respect de la liberté syndicale, ainsi que la remise en liberté des syndicalistes emprisonnés.

L’année 2014 a démarré dans la violence au Cambodge avec des manifestations pour exiger une hausse du salaire minimum, lesquelles se sont heurtées à la police et ont résulté avec quatre  morts, trois personnes disparues, 23 emprisonnées et des centaines de travailleuses et travailleurs mis à pied. Des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre de responsables syndicaux qui soutenaient les grèves, notamment des dirigeants de nos propres affiliés. Des employeurs poursuivent en justice les syndicats pour des dégâts.

La situation, totalement inacceptable au Cambodge, est telle que le pays est maintenant devenu une priorité pour IndustriALL Global Union. Nous avons entrepris une action rapide après le déclenchement de la violence dans le pays. Nous avons réalisé, aux côtés de la CSI et de UNI Global Union, une mission syndicale internationale à Phnom Penh au début du mois de janvier. La mission a rencontré les syndicats, le gouvernement et l’organisation des employeurs GMAC, et exigé la remise en liberté des syndicalistes emprisonnés, une enquête sur les meurtres, et la poursuite des pourparlers sur une hausse du salaire minimum.

Nous avons lancé une campagne électronique de solidarité sur LabourStart. Près de 11.000 personnes ont protesté jusqu’à présent auprès du gouvernement et de la GMAC.

Et l’action conjointe se poursuit. Récemment, IndustriALL Global Union, UNI Global Union et la CSI ont envoyé ensemble une lettre avec 30 grandes marques de vêtements pour demander de toute urgence au gouvernement cambodgien d’enquêter sur le recours à des méthodes meurtrières, sur le respect de la liberté syndicale et l’établissement d’un processus de négociation pour un salaire minimum. Maintenant, un groupe de travail a été établi pour s’occuper de la question salariale, tandis que des affiliés de IndustriALL ont entrepris une action en Thaïlande, en Corée, en Australie et dans d’autres pays.

Le salaire minimum de 80 USD par mois est l’un des plus bas dans le monde. C’est la raison pour laquelle huit affiliés de IndustriALL au Cambodge ont décidé dans notre atelier en décembre de demander son augmentation pour le porter à 160 USD. Ce qui serait encore loin d’être un salaire vital, mais constituerait une avancée pour les 400.000 travailleuses et travailleurs de la confection qui procurent des gains à l’exportation de 5 milliards d’USD par an.

Cependant, fin décembre, le gouvernement et les employeurs avaient seulement accepté une hausse jusqu’à 95 USD portée ensuite à 100 USD par mois. Les salariés mécontents se sont mis en grève, engendrant de la violence après que l’ambassade de Corée du Sud et les investisseurs eurent demandé l’intervention de la police.  

Le taux de syndicalisation dans la confection au Cambodge est de 60 pour cent, ce qui est encourageant, mais les salariés sont membres de trop nombreux syndicats. Des combats comme celui de SL Garments l’année dernière ont été gagnés, mais l’unité syndicale est indispensable pour disposer d’un plus grand pouvoir ouvrier.  

IndustriALL poursuivra son action en faveur des droits des travailleuses et travailleurs au Cambodge, pour assurer un salaire vital et le droit à la liberté syndicale et à la négociation collective sans crainte de violences.

Jyrki Raina

Secrétaire général