• Cet article est proposé en:
  • en
  • es
  • fr
  • ru

Les observateurs empêchés d'entrer dans l'usine.

Les dirigeants syndicaux licenciés il y a cinq ans enfin de retour dans l'usine pour voter.

Une bannière du STUHM déployée devant l'usine.

Alors que les observateurs s'approchent paisiblement pour poser des questions, les forces anti-émeute se déploient.

À 20 heures, le Secrétaire général du STUHM, José Luis Solorio, annonce les résultats.

Mexique : le syndicat de Honda perd un scrutin très disputé

19.10.2015

Un coup terrible a été porté, jeudi dernier, au syndicat indépendant des travailleurs de Honda Mexique (STUHM) quand il a perdu de justesse une élection entachée de graves irrégularités.

Une victoire en aurait fait un des rares syndicats indépendants à pouvoir négocier dans une industrie automobile en plein essor dans le pays.

Le 15 octobre, cinq ans après que l'entreprise eut licencié 12 dirigeants syndicaux pour avoir créé un syndicat indépendant, 2.500 travailleurs avaient enfin la possibilité de faire leur choix entre le STUHM et le syndicat jaune en place, le SETEAMI affilié à la CTM.

Une équipe d'une douzaine d'observateurs internationaux envoyée notamment par IndustriALL Global Union et ses affiliés Unifor au Canada, United Autoworkers' Union aux États-Unis, et Los Mineros au Mexique, s'est vu refuser l'accès aux bureaux de vote et tout contact avec travailleurs. Elle était accompagnée de plus de cinquante sympathisants du mouvement syndical indépendant mexicain et de la société civile.

Dès le départ, il est apparu que ce ne serait pas un scrutin équitable, la direction, le comité électoral et le syndicat jaune s'arrangeant pour spolier les travailleurs de leur droit à un authentique syndicat par un procédé bien rôdé dans le système de relations du travail faussé en vigueur au Mexique.

Dans les jours et les semaines qui ont précédé le scrutin, le comité électoral a été incapable de produire une liste d'électeurs fiable et n'a convoqué les électeurs qu'à quelques jours du scrutin. Il a aussi laissé le vote avoir lieu dans les locaux de l'entreprise sans garantie d'un bon déroulement, ce qui a fortement défavorisé le STUHM.

Le jour de l'élection, la direction n'a autorisé les trois représentants du syndicat à accéder aux locaux que très tard, elle n'a pas tenu compte de la décision du comité électoral d'autoriser la présence de trois observateurs et a laissé le syndicat jaune intimider les travailleurs. Le déploiement de forces anti-émeute sur le site, à la demande de la direction, a aussi contribué à tendre l'atmosphère.

Finalement, le STUHM a perdu de peu, avec 44 pour cent des votes validés. Le syndicat a l'intention d'introduire un recours.

Le Secrétaire général adjoint d'IndustriALL Fernando Lopes a félicité le syndicat et les travailleurs pour avoir lutté courageusement et ses nombreux alliés pour leur indéfectible soutien. Il a promis qu'IndustriALL maintiendra son soutien au STUHM et à tout le mouvement syndical indépendant au Mexique.