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Des membres de l’affilié thaï d’IndustriALL, Team, manifestent contre Mitsubishi

Les travailleurs et travailleuses ont été obligés de participer à un camp de quatre jours au sein d’une base militaire pour y “apprendre la discipline et l’ordre”

Il y a eu des blessés pendant le camp

Les travailleurs et travailleuses ont aussi dû nettoyer chez des personnes âgées, pour “prouver leurs mérites”

Partenaire des Jeux Olympiques de 2020, Mitsubishi Electric humilie ses salariés en Thaïlande

04.10.2018

Partenaire officiel des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020, Mitsubishi Electric  a soumis les travailleurs et travailleuses syndiqués qu’il avait lock-outés de son usine en Thaïlande à des traitements dégradants et humiliants et refuse maintenant de réintégrer 26 adhérents et leaders syndicaux.

En décembre 2017, 1.800 membres de l’affilié d’IndustriALL Global Union, TEAM (Confédération des travailleurs de l’appareillage électrique, de l’électronique, de l’automobile et de la métallurgie) avaient été lock-outés par Mitsubishi Electric Consumer Products Thailand. Le syndicat et l’entreprise ont alors conclu le 29 janvier 2018 une convention par le biais de la négociation collective, qui a mis fin au conflit.

Mitsubishi Electric est convenu de réintégrer tous les travailleurs et travailleuses lock-outés, ce qui est d’ailleurs imposé par la loi. Cependant, avant leur réintégration, les travailleurs et travailleuses ont été convoqués à une réunion pour “vérifier leur attitude” et leur mettre la pression pour tenter d’obtenir des informations compromettantes sur les leaders syndicaux.

L’entreprise a forcé les travailleurs et travailleuses lock-outés à assister à un camp de quatre jours au sein d’une base militaire afin d’y “apprendre la discipline et l’ordre”, à subir cinq jours de formation dispensés par une firme de ressources humaines au cours desquels ils étaient censés “réfléchir sur leurs actes répréhensibles”, une journée à nettoyer chez des personnes âgées, pour “prouver leurs mérites” et trois jours au sein d’un temple bouddhiste, quelles que soient leurs convictions religieuses. Les travailleurs et travailleuses ont également dû publier des excuses à l’entreprise sur les médias sociaux en utilisant leur comptes personnels.

Bien qu’ayant dû subir ce processus d’humiliation délibérée, tous les salariés n’ont pas été réintégrés. L’entreprise a même commencé à publier des annonces pour des emplois vacants. Mitsubishi Electric a ensuite licencié 24 travailleurs et travailleuses qui attendaient leur réintégration, parmi lesquels dix membres d’une délégation syndicale fraîchement élue en juin 2018 et sollicité de la part du tribunal du travail l’autorisation d’en mettre deux autres à pied.

L’entreprise exige de ceux et celles qui ont été rappelés la signature de contrats individuels en remplacement de la convention collective qui a expiré fin septembre 2018. Ils comportent une clause par laquelle le salarié doit accepter ne pas être membre d’un syndicat et s’il l’est, les augmentations salariales et autre prestations obtenues par le biais du contrat individuel seront restituées à l’entreprise.

Mitsubishi Electric utilise l’intimidation et le harcèlement pour affaiblir le syndicat et a tenté d’humilier les adhérents syndicaux. Ceci constitue une infraction flagrante des droits fondamentaux des syndicats et du travail, y compris de la législation nationale du travail et des normes internationales fondamentales du travail.

L’entreprise est un partenaire officiel des Jeux Olympiques et Paralympique de Tokyo 2020 et s’est dès lors engagée à “prendre en considération les droits de l’homme et des travailleurs ainsi que la conduite équitable des affaires.”

IndustriALL a écrit à l’entreprise à trois reprises, exigeant que les travailleurs et travailleuses licenciés soient réintégrés, mais il n’y a pas eu de réponse de sa part à ce jour.

Le Secrétaire général d’IndustriALL Valter Sanches a déclaré :

“IndustriALL Global Union appelle Mitsubishi Electric à respecter les normes internationales du travail, à réintégrer immédiatement les 26 leaders et adhérents syndicaux concernés et à cesser de violer les droits syndicaux fondamentaux.”

Durant le lock-out, les travailleurs et travailleuses ont perdu l’accès à toutes les prestations sociales, y compris aux soins de santé. Après le décès d’un membre du personnel pendant cette période, la couverture santé à été rétablie, uniquement à l’égard des femmes enceintes.