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Travailleurs syndiqués au Guatemala manifestant contre le travail précaire en octobre 2017

10 façons de lutter contre le travail précaire

06.10.2017

Nous pouvons remporter la victoire contre la précarité de l’emploi par les mesures suivantes:

1. En devenant membre d’un syndicat

Les travailleurs précaires doivent en premier lieu adhérer à un syndicat. Que vous soyez un travailleur contractuel, intérimaire, temporaire, sous-traitant ou sans horaires (ou zéro heure), les syndicats disposent de moyens efficaces pour gagner des emplois sûrs.

Selon le témoignage d’Abdoulaye (Sénégal) reproduit à la fin de cet article:

« Depuis 2014, j’ai un contrat permanent grâce à l’action menée par le syndicat SUTIDS. Aujourd’hui, ma vie et celle de ma famille ont complètement changé: mon salaire a augmenté de 125 pour cent. 60 pour cent des soins médicaux de ma femme et de mes quatre enfants sont couverts par l’entreprise.

« Aussi, je milite désormais pour la défense des intérêts des travailleurs précaires ».

Maria Carmo, membre du CNQ/CUT au Brésil, a indiqué:

« J’ai commencé par des travaux de sous-traitance par le biais d’une société de nettoyage. Mon salaire était deux fois inférieurs à celui de mes collègues. Je tombais malade à force d’inhaler les gaz des matériaux. Chaque jour, mes heures de travail pouvaient changer. Je ne pouvais pas planifier ma vie sociale, étudier ou avoir une vie de famille. Avec mon syndicat, j’ai retrouvé l’estime de moi-même. Tous les travailleurs devraient avoir les mêmes avantages peu importe qu’ils soient des travailleurs contractuels ou permanents. Ils doivent tous être syndiqués ».

2. En organisant les travailleurs précaires

Grâce au soutien des projets d’IndustriALL en matière de précarité de l’emploi, les affiliés ont syndiqué environ 30 000 travailleurs précaires entre 2014 et 2016. Dans un exemple récent au Nigeria, 7 500 travailleurs précaires dans la chaîne d’approvisionnement pétrolière et gazière ont été syndiqués.

3. En résistant à la sous-traitance

Un des meilleurs moyens de lutter contre le travail précaire est de défendre les emplois à durée indéterminée, comme le fait ce syndicat représentant les travailleurs dans le secteur minier en Zambie.

4. En édifiant la solidarité entre les travailleurs permanents et précaires

La solidarité fonctionne! En Afrique du Sud, les travailleurs permanents sont entrés en grève pour exprimer leur solidarité  avec les travailleurs précaires dans une usine de fabrication de matières plastiques, exigeant les mêmes modalités et conditions pour tous.

5. En obtenant un statut permanent pour les travailleurs précaires

Le syndicat des travailleurs coréens des métaux a lutté pendant plus de dix ans avec le syndicat des travailleurs non titularisés de chez Hyundai pour défendre les travailleurs précaires de l’entreprise en combinant grèves, manifestations et batailles juridiques. L’action a atteint son paroxysme avec la spectaculaire occupation par l’un des travailleurs précaires d’un pylône électrique durant 296 jours. L’entreprise s’est avouée vaincue et 6 000 emplois permanents ont été créés.

6. Grâce à la négociation collective

La Fédération indonésienne des syndicats des travailleurs du secteur du papier et de la pâte à papier a inscrit un article dans sa constitution reconnaissant l’égalité des travailleurs permanents et des travailleurs sous-traitants. Le syndicat fait valoir ce principe dans toutes ses négociations collectives. La convention signée l’an dernier avec Pindo Deli Pulp et Paper Mills garantit aux 1 000 travailleurs contractuels les mêmes conditions de travail que celles des 5 000 travailleurs permanents.

7. Grâce aux accords-cadres mondiaux

Les syndicats mondiaux signent des accords avec les entreprises multinationales qui garantissent l’application des normes de travail dans la chaîne d’approvisionnement. IndustriALL a signé un accord de longue date avec Volkswagen visant à limiter le travail précaire. L’accord est applicable à toutes les activités de l’entreprise dans le monde entier. Le travail précaire est limité à 5 pour cent de la main-d’œuvre totale pour laisser de la flexibilité à l’entreprise, et les travailleurs précaires pourront suivre les formations et bénéficier des opportunités qui se présenteront.

8. Grâce à la pression publique

Au Royaume-Uni, les contrats sans horaires, n’offrant aucune garantie d’heures de travail ou de salaire, et exigeant des travailleurs d’être disponibles sur demande, ont bondi depuis 2010 et atteint leur point culminant en 2016, avec 1,7 million de personnes concernées.

Les syndicats ont organisé de puissantes campagnes contre ce type de contrats, y compris par le biais de reportages dans les médias dénonçant les conditions d’emploi dans les centres de grande distribution, et de manifestations à l’extérieur des magasins utilisant ces contrats fondés sur l’exploitation des travailleurs. Les contrats zéro heure sont devenus un enjeu politique majeur et plusieurs employeurs se sont engagés à y mettre un terme. En 2017, 300 000 contrats sans horaires de moins ont été offerts par rapport à 2016.

9. Grâce à l’action en justice

En Afrique du Sud, un million de personnes environ travaillent pour des courtiers en main d’œuvre,  qui sont des agences d’emploi que les entreprises utilisent pour éviter d’assumer une quelconque responsabilité pour les travailleurs. L’affilié sud-africain NUMSA a porté un litige devant le Tribunal des Prud’hommes, qui a statué à l’expiration des contrats temporaires au bout de trois mois, les travailleurs devant alors être considérés comme des travailleurs permanents passée cette période.

10. En changeant la loi

En Nouvelle-Zélande, une puissante campagne réalisée par le syndicat Unite a conduit le parlement à interdire les contrats sans horaires.