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Publication de l'enquête annuelle sur les infractions aux droits syndicaux

08.06.2012

Le rapport indique qu'en 2011, la mort d'au moins 76 travailleurs est directement liée à des activités syndicales -- sans compter les personnes tuées durant la répression des manifestations au printemps arabe.

MONDE: L'année 2011 fut difficile et souvent dangereuse pour les travailleurs et travailleuses dans le monde, et ceux qui osèrent se dresser pour défendre leurs droits syndicaux ont risqué leur licenciement, leur arrestation, leur emprisonnement, et même la mort.

C'est la véritable image qui ressort de l'enquête annuelle sur les infractions aux droits syndicaux publiée le 6 juin par la Confédération syndicale internationale (CSI). L'enquête examinait cette année la situation dans 143 pays.

La Colombie reste le pays le plus dangereux au monde pour les syndicalistes. Sur les 76 personnes assassinées en raison de leurs activités syndicales, sans compter les travailleurs et travailleuses tués au cours du printemps arabe, 29 ont perdu la vie en Colombie. Et au Guatemala, les syndicalistes ont une fois de plus payé un prix élevé avec 10 assassinats commis en toute impunité. Huit autres syndicalistes ont été assassinés en Asie.

Les raisons de ces actes de violence dans le monde, indiquées dans le rapport, sont le non-respect de la législation du travail par des gouvernements, le manque de financement des services de l'inspection du travail et de la protection des travailleurs et travailleuses, l'absence de droits et les mauvais traitements infligés à la main-d'œuvre migrante dans le monde, notamment dans les pays du Golfe, et l'exploitation d'une main-d'œuvre généralement féminine dans les zones franches d'exportation du monde. Les 100 millions de domestiques sont parmi les plus vulnérables.

"Ce n'est pas une coïncidence si l'enquête annuelle de la CSI est publiée chaque année à la Conférence internationale du travail de l'OIT, organisée dans le cadre de la Commission de l'application des normes, car elle permet d'alimenter la discussion sur les abus en matière de droits syndicaux dans le monde", a déclaré Jyrki Raina, secrétaire général de la Fédération internationale des organisations de travailleurs de la métallurgie (FIOM).

"Il est tragique de constater que l'on entendra pas parler de ces cas cruciaux cette année à l'OIT en raison de la décision du groupe des employeurs d'abandonner la procédure de surveillance des conventions à la Commission. L'impact de cette évolution dangereuse se fera sentir bien au-delà des limites de l'OIT".

Pour prendre connaissance de l'enquête dans son intégralité: http://survey.ituc-csi.org/