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Botswana: un syndicat conteste le licenciement abusif d’une dirigeante

15 April, 2019Le licenciement abusif de Goleba Botshome, Secrétaire générale du syndicat des travailleurs du diamant du Botswana, Diamond Workers Union (BDWU), par Pluczenik Diamonds, a mis en lumière les violations graves des droits de l’homme et des travailleurs qui sévissent sur une grande échelle dans le secteur diamantaire au Botswana.

Le syndicat réclame sa réintégration immédiate et la fin de toutes les formes de traitements injustes et de pratiques antisyndicales. Botshome, qui travaillait pour la compagnie depuis neuf ans, a été licenciée en novembre 2018 sur les allégations de mauvaise performance et de négligence. Elle a toutefois fait appel de son renvoi devant le tribunal industriel de Gaborone.

Botshome a indiqué que le processus disciplinaire qui lui a été appliqué à Pluczenik est une mascarade. Le BDWU, un affilié à IndustriALL Global Union, a ajouté que la décision est « inappropriée, sévère, vindicative et calculée pour éliminer un dirigeant syndical opiniâtre ».

La compagnie Pluczenik Diamonds est financée par l’agence gouvernementale américaine, l’Overseas Private Investment Corporation.

Les compagnies diamantaires au Botswana bafouent de plus en plus la législation du travail et traitent de façon injuste les travailleurs, mais le BDWU est tout aussi déterminé à s’en prendre à leurs pratiques malhonnêtes. Le syndicat fait campagne pour obtenir des salaires réels dans le secteur de la taille et du polissage des diamants, et estime que les travailleurs sont privés de la jouissance des bénéfices tirés des diamants. Selon elle, seules les compagnies diamantaires et leurs actionnaires, ainsi que le gouvernement en profitent aux dépens des travailleurs. Le syndicat a ajouté que les politiques en matière de formation et de circonscription (des conflits)/de localisation visant à améliorer les compétences des travailleurs sont mises en œuvre sans enthousiasme; les travailleurs expatriés continuant à occuper les postes les plus élevés et les mieux rémunérés.

Les compagnies transgressent également les normes de santé et de sécurité en ne nettoyant pas correctement les toilettes des usines et en ne fournissant pas aux travailleurs du matériel de protection personnel contre la poussière, les produits chimiques et les blessures.

S’agissant des licenciements, le syndicat a indiqué que les travailleurs sont traités injustement. Par exemple, Eurostar Diamonds, qui employait 500 personnes, ne compte plus que 70 travailleurs. Le syndicat misait sur l’intervention du gouvernement pour veiller à la sauvegarde des emplois et empêcher les licenciements injustifiés, mais cela n’est pas arrivé. Les conditions de travail précaires des contrats de courte durée sont fréquents, même pour les travailleurs au bénéfice de 10 ans d’expérience dans la même entreprise. En outre, la liberté syndicale est entravée lorsque le syndicat est ignoré. Les travailleurs se voient refuser le droit à des congés annuels et les certificats médicaux ne sont pas pris en compte par les compagnies diamantaires dont KGK, Dalumi, Yerushalmi, Laurelton, Leoschter et Msuresh.

Le directeur d’IndustriALL chargé du secteur de l’extraction minière et de la production de diamants, de pierres précieuses, d’ornements et de bijoux (DGOJP), Glen Mpufane, est scandalisé par les violations:

« Nous exigeons la réintégration immédiate de notre collègue Goleba et nous condamnons l’impunité révoltante avec laquelle les compagnies diamantaires opèrent au Botswana. Cela va à l’encontre de la législation nationale du travail et des conventions de l’Organisation internationale du travail. A titre de parade, le réseau mondial Diamants d’IndustriALL lancera une campagne pour mettre fin à la tyrannie et au comportement antisyndical des employeurs ».

Ces violations prouvent la justesse de la plainte d’IndustriALL devant la Commission d’application des normes de la conférence de l’OIT relative à la violation des droits syndicaux par le gouvernement du Botswana en 2018.