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Construction d’un réseau de jeunes travailleurs en Afrique australe

27.09.2017

De jeunes travailleurs, membres de 11 affiliés à IndustriALL du Botswana, du Lesotho, du Mozambique, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Swaziland, représentant les secteurs de la construction, de la chimie, du textile et de l’habillement, de l’énergie, des métaux et minier en Afrique australe, se sont réunis à Gaborone, au Botswana, les 20 et 21 septembre, pour discuter sur la façon dont ils peuvent travailler en réseau et mettre en place des actions conjointes dans le cadre des luttes communes. Les participants ont étudié les différents moyens d’accroître la participation des jeunes au sein des syndicats.

Soutenu par la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, la réunion a discuté de la question du développement de syndicats puissants grâce à l’organisation et au recrutement d’un nombre plus important de travailleurs. L’organisation des travailleurs porterait sur leurs problèmes quotidiens, tels que les bas salaires et les mauvaises conditions de travail. Il faudrait alors intensifier la lutte contre les bas salaires dans les secteurs du textile et de l’habillement au Lesotho et au Swaziland, ainsi que la campagne pour un salaire minimum vital en Afrique australe.

Les affiliés du Mozambique ont participé à l’atelier pour la première fois, renforçant le réseautage et la coordination au niveau régional.   

La réunion a également soutenu les avantages en retour de l’application de la loi américaine en faveur de la croissance de l’Afrique et son accès aux marchés (AGOA) au Swaziland qui devraient permettre de récupérer les emplois perdus et de meilleurs salaires. Les participants ont convenu que les travailleurs migrants devaient jouir des mêmes avantages que les autres travailleurs.

Ils ont également décidé d’appeler leurs gouvernements à respecter les droits des travailleurs et les droits de l’homme, ainsi qu’à appliquer la Charte africaine de la jeunesse portant sur l’éducation et le développement des compétences, l’élimination de la pauvreté, l’emploi des jeunes et le développement durable.

Protéger les emplois en cas de compression des dépenses dans l’industrie minière et les autres secteurs était un must. Selon les participants, cette capacité a montré le besoin de conclure des conventions collectives protégeant les intérêts des travailleurs. Il a également été décidé que les syndicats devraient continuer à lutter contre le travail précaire et les emplois sous-traités par l’entremise des courtiers de main-d’œuvre.

En présentant les activités des sociétés multinationales et en expliquant les accords commerciaux, l’éducation des travailleurs devrait aider les syndicats à lutter efficacement contre le capital mondial.

Les participants ont insisté sur l’importance de s’attaquer aux inégalités entre les sexes, de mettre un terme au harcèlement sexuel sur les lieux de travail et de faire campagne en faveur de la protection de la maternité ainsi que de la santé et de la sécurité au travail. Il a également été convenu qu’une plus grande sensibilisation au VIH et au sida était indispensable face à la poursuite de l’épidémie touchant davantage les jeunes adultes.

Les participants ont conclu que la survie des syndicats dépendait également de la compréhension des politiques économiques ayant créé des emplois durables. Par exemple, la diversification vers l’industrie manufacturière a généré davantage d’emplois que la dépendance au seul secteur minier et cela, conformément à la Vision pour le secteur minier de l’Afrique.

Sarah Flores, chargée de projets et de la jeunesse à IndustriALL, a déclaré:

« Un fort sentiment de solidarité transfrontalière a émergé entre les jeunes responsables durant l’atelier. Alors qu’ils discutaient des différentes luttes auxquelles ils font face, ils sont arrivés à la conclusion qu’aucune amélioration au niveau local ne peut être maintenue si le niveau régional en est exclu.

La compréhension de la nécessité de solidarité entre les syndicats sera, sans aucun doute, un élément moteur au sein du réseau des jeunes de l’Afrique australe et de leur combat pour la justice économique et sociale ».