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“Je suis Boeing Caroline du Sud”

Des mécanicien(ne)s de Boeing en Caroline du Sud se prononcent pour rejoindre le Syndicat des Machinistes

04.06.2018

Avancée majeure dans le cadre d’une campagne de syndicalisation en cours, un groupe de mécanicien(ne)s aéronautiques de l’usine Boeing de Charleston, en Caroline du Sud, se sont prononcé(e)s par scrutin pour rejoindre l’affilié d’IndustriALL Global Union, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (IAM).

Une section de mécanicien(ne)s aéronautiques, qui ont pour mission de s’assurer que les Dreamliner 787 construits dans cette usine sont en ordre de vol, a voté pour rejoindre l’IAM. Ces 176 travailleurs et travailleuses constituent une partie des 7.000 personnes qui sont occupées sur le site de Caroline du Sud et cette victoire ouvre une tête de pont significative dans la bataille de longue haleine en vue de syndiquer l’endroit.

Cette décision entérinée par l’autorité nationale compétente pour les relations sociales, le NLRB, signifie que des groupes particuliers, des “micro-unités”, peuvent négocier des conventions collectives via leur syndicat si leurs conditions d’emploi remplissent certains critères. Le syndicat espère avoir marqué avec cette micro-unité un précédent qui encouragera d’autres catégories de personnel à se syndiquer.

L’IAM représente 35.000 travailleurs et travailleuses de Boeing au sein de 24 sites aux États-Unis, mais l’entreprise avait toujours réussi jusqu’ici à repousser avec succès les efforts en vue de syndiquer en Caroline du Sud. Le Sud des États-Unis est tristement réputé pour son anti-syndicalisme et la Caroline du Sud possède la plus faible densité syndicale du secteur privé des États-Unis. Des tentatives précédentes en vue de syndiquer l’usine avaient échoué, dont une effectuée en 2015, alors que la campagne anti-syndicale avait été menée par le Gouverneur de l’État, Nikki Hailey, actuellement Ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies.

Boeing a également combattu la campagne de syndicalisation actuelle, en engageant des consultants spécialisés en anti-syndicalisme et en forçant les salariés à assister à des réunions anti-syndicales. L’entreprise a déposé en dernière minute une requête à l’encontre du scrutin et tenté de faire saisir les urnes. Lorsque le résultat a été annoncé, l’entreprise a exprimé sa déception et s’est jurée de tenter de faire déclarer ce scrutin illégal.

Mike Evans de l’IAM, qui est la personne qui a dirigé la campagne de syndicalisation sur le site, a déclaré :

“Ce vote n’a jamais concerné que les salaires uniquement. Ces hommes et ces femmes voulaient de la dignité et de la cohérence sur leur lieu de travail. Et ce scrutin les rapproche de cet objectif. Nous espérons que Boeing va agir comme il se doit en acceptant de s’asseoir à la table pour négocier de bonne foi avec ces dévoués techniciens préparateurs de vol.” 

Le Directeur d’IndustriALL pour le secteur aérospatial, Georg Leutert, indique :

“Dans le Sud, les employeurs, le gouvernement et les Membres du Congrès collaborent pour créer un environnement très hostile aux syndicats. Boeing a tout essayé pour empêcher ces travailleurs et travailleuses de se syndiquer, cependant leur décision a été de se ranger du côté de la dignité et du respect au travail. C’est une avancée majeure et nous espérons que d’autres suivront. Nous félicitons l’IAM.

“Il est temps pour Boeing de faire preuve de maturité et de mettre en place une relation productive avec le syndicat.”

L’IAM représente 600.000 adhérents au sein d’entreprises parmi lesquelles figurent Boeing, Lockheed-Martin, General Electric, United Airlines et Harley-Davidson.