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Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

Les membres du syndicat DİSK/Tektsil manifestant à Hyosung

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Grève des travailleurs turcs en réponse à l’antisyndicalisme de la compagnie coréenne Hyosung

22.08.2016

L’affillié d’IndustriALL DİSK/Teksti prend des mesures contre les pratiques antisyndicales de la compagnie sud-coréenne.

Bafouant le droit, Hyosung, une compagnie textile sud-coréenne, a refusé de reconnaître, durant cinq ans, DİSK/Tekstil, affilié d’IndustriALL Global Union. Les membres du syndicat sont actuellement en grève à l’usine située à Çerkezköy, en Turquie, appartenant à la compagnie.

Ouverte en 2008, l’usine textile emploie 339 travailleurs. En 2011, le droit du travail turc a reconnu légalement le syndicat après qu’il ait recruté une majorité de travailleurs, et le Ministre turc du travail et de la sécurité sociale a confirmé l’atteinte par DİSK/Tekstil de la majorité légale nécessaire pour être considéré comme le partenaire légitime du dialogue social.

La compagnie a toutefois contesté la décision ministérielle dans un recours ayant traîné en longueur durant cinq ans, qu’elle a mis à profit pour tenter de détruire le syndicat, au moyen de pressions et d’intimidations, ainsi qu’en contraignant les travailleurs à choisir entre leur travail et leur adhésion au syndicat.

Les conditions de travail au sein de l’usine sont mauvaises, et les lois en matière d’environnement, de santé et de sécurité seraient violées selon le syndicat. Le taux élevé de chômage dans la région permet à l’employeur d’agir impunément. Hyosung a même adopté certaines des propositions de DİSK/Tekstil en les présentant comme ses propres initiatives afin de décrédibiliser le syndicat.

Le conflit a finalement été porté devant la Cour suprême, qui a reconnu, en septembre 2015, le droit du syndicat à bénéficier d’une convention collective. Sur la base de cette décision, le Ministre a délivré un certificat de négociation collective en janvier 2016.

Néanmoins, la compagnie s’est gardé de répondre à toute communication, et a refusé d’entrer en négociation pour établir une convention collective ou participer à un arbitrage.

En signe de protestation, IndutriALL a écrit au siège de Hyosung en Corée du Sud en juin, sans recevoir non plus de réponse.

DİSK/Tekstil a commencé à faire grève le 18 août 2016 dans le but d’obliger la compagnie à s’assoir à la table des négociations.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL, Kemal Özkan, a déclaré:

« Le comportement de Hyosung constitue une violation flagrante du droit du travail turc ainsi que des normes internationales du travail fondamentales, notamment la Convention n° 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective de l’Organisation internationale du travail.

« Nous demandons instamment à la compagnie de mettre fin à ses pratiques antisyndicales, de respecter le jugement de la Cour suprême et les désirs de ses employés, ainsi que de reconnaître le syndicat.

« Nous sommes fermement résolus à soutenir notre affilié DİSK/Tekstil jusqu’à ce que ce conflit soit gagné ».

Les entreprises sud-coréennes ont mauvaise réputation en matière des droits du travail en Turquie et dans le monde entier. Le modèle sud-coréen est considéré comme un modèle au sein duquel les intérêts du capital sont protégés par l’Etat. La récente et préoccupante répression des droits syndicaux en Corée du Sud permet de penser que les compagnies multinationales du pays croient qu’elles peuvent exporter leur façon de faire des affaires sans aucune considération des lois locales.