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Mario Smith, militant syndical licencié

Des travailleurs du pneumatique du Liberia font part de leur soutien

Le syndicat Petrol-İş de Turquie fait part de son soutien

Kumho Tire vire un dirigeant syndical aux États-Unis

18.10.2017

Les Métallos USW vont contester les résultats du scrutin de Macon, en Géorgie.

Les travailleurs et travailleuses de l’usine de Macon, dans l’État américain de Géorgie, ont voté à une courte majorité contre une représentation syndicale à la suite d’intimidations de la part de la direction. L’entreprise a licencié un des leaders syndicaux et en a menacé d’autres. Le Syndicat des Métallurgistes USW a porté plainte pour pratiques de travail déloyales.

Le scrutin des 12 et 13 octobre a vu les travailleurs et travailleuses rejeter par 164 voix contre 136 une représentation syndicale. Ce vote a eu lieu après que 80% des salariés ont signé une carte déclarant vouloir un syndicat. Les problématiques principales sur le lieu de travail sont la santé et la sécurité ainsi qu’un manque de transparence concernant les prestations sociales et les promotions, entre autres.

Au lendemain du dépôt de la demande de scrutin de la part du syndicat, l’entreprise a engagé une firme de briseurs de syndicat, dépensant des centaines de milliers de dollars pour mettre en cause la réputation de l’USW. Sept personnes ont été employées à temps plein à cette tâche.

Les travailleurs de l’usine de Macon étaient tenus d’assister quotidiennement à des réunions anti-syndicales qui duraient plusieurs heures, avec des managers leur disant que leur usine, fraîchement ouverte, serait forcée de fermer si le vote était favorable au syndicat. La multinationale coréenne est pour l’instant sous le contrôle d’un comité de créanciers chapeauté par la banque d’État Korea Development Bank et des managers de l’usine ont souligné ce fait pour jouer sur les craintes des travailleurs et travailleuses.

Les salariés ont aussi été obligés de participer à de nombreuses réunions en face-à-face. L’entreprise a créé un site web anti-syndical où figurait un message du maire de Macon les exhortant à se prononcer contre le syndicat. Au bout du compte, après cette pression psychologique, le syndicat a perdu par une marge de 15 voix.

Les intimidations de la part de Kumho Tire se poursuivent. Le 17 octobre, l’entreprise a viré Mario Smith, un des promoteurs de la campagne de syndicalisation. D’autres salariés ont été menacés de licenciement.

Les Métallos USW ont déposé une plainte pour pratiques de travail déloyales auprès de la Commission nationale des relations de travail des États-Unis (NLRB). Si elle aboutit, un scrutin pourrait avoir à nouveau lieu ou l’entreprise pourrait se voit intimer l’ordre de négocier avec le syndicat.

Des travailleurs et travailleuses du secteur du pneumatique ont envoyé de partout dans le monde des messages de solidarité aux travailleurs de Kumho, les exhortant à rejoindre la famille syndicale pour avoir leur mot à dire au travail. Des messages sont venus de la maison-mère de Kumho en Corée, où l’entreprise est entièrement syndiquée. Le président du syndicat local, Cho Sam-su, a déclaré :

“Les travailleurs du monde entier ne font qu’un et j’ai foi en ce slogan. Travailleurs et travailleuses de l’usine Kumho Tire de Géorgie, je fais part de ma solidarité et de mon soutien à vous qui luttez pour syndiquer démocratiquement votre usine.

Travailleurs et travailleuses ont besoin d’un syndicat, peu importe où l’on travaille.”

Des messages de soutien sont aussi venus du Japon, de Thaïlande, d’Inde, de Pologne, de Hongrie, de France, de Suisse, du Liberia, du Royaume-uni, de Turquie et du Mexique.

Les Métallos USW représentent les travailleurs auprès d’un certain nombre d’autres manufacturiers de pneumatiques, dont Cooper, Goodyear, Yokohama, Michelin et Bridgestone/Firestone. Le syndicat va continuer à se battre pour les travailleurs et travailleuses de Kumho Tire.

Le Secrétaire général adjoint d’IndustriALL Kemal Özkan a déclaré :

“Au lieu de s’occuper des problématiques au sein de l’usine, Kumho a dépensé des centaines de milliers de dollars pour engager sept briseurs de syndicat à plein temps pour mener une guerre psychologique et intimider les salariés.

“Ces briseurs de syndicat ont menti aux travailleurs, leur disant qu’ils perdraient leur emploi s’ils se prononçaient en faveur du syndicat.

“De plus, la mise a pied de notre camarade Mario Smith est totalement illégale, immorale et inacceptable.”

“Kumho Tire doit mettre fin à sa campagne d’intimidation et négocier avec le syndicat.”