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Les travailleurs de la construction navale et de la démolition de navires affirment leur solidarité à Rotterdam

02.11.2017

57 délégués de 18 pays se sont rencontrés à Rotterdam, aux Pays-Bas, ces 31 octobre et 1er novembre à l’occasion de la réunion du Groupe d’Action d’IndustriALL sur la construction navale et la démolition des navires.

Cette réunion avait pour hôte l’affilié néerlandais d’IndustriALL Global Union, FNV Metaal, et s’est tenue à bord du SS Rotterdam, un paquebot de ligne ancré dans le port de Rotterdam. Anciennement navire étendard de la compagnie Holland America Line, le SS Rotterdam a été converti en hôtel et centre de conférence.

Cette rencontre a rassemblé des militants des syndicats de la construction navale et de la démolition des navires en vue de bâtir la solidarité autour de toute la durée de vie d’un navire. Les travailleurs et travailleuses de la construction navale venaient des pays suivants : Argentine, Australie, Brésil, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Italie, Japon, Corée, Pays-Bas, Norvège, Singapour, Royaume-Uni et États-Unis.

Les travailleurs et travailleuses de la démolition des navires étaient représentés par la Fédération des travailleurs de la sidérurgie, de la métallurgie et de l’ingénierie d’Inde et la Fédération nationale des syndicats du Pakistan.

Le directeur du secteur pour IndustriALL, Kan Matsuzaki, a présenté une vue d’ensemble de ces industries. De manière générale, il y a eu une récession au niveau de la construction navale depuis la crise financière de 2008. La production a commencé à reprendre, mais il y a un transfert de l’Europe vers l’Asie.

Il y a également une récession dans la démolition des navires en raison de la crise de l’acier. Cependant, il existe une masse de bâtiments qui naviguent pour l’instant mais devront être démolis à l’avenir.

De nombreux délégués du secteur de la construction navale ont abordé les défis que représentent la réponse à donner par le secteur à la récession, qui a entraîné des licenciements et de la précarisation. Tae Jung Kim du KMWU a évoqué la difficulté de syndiquer les travailleurs et travailleuses occasionnels au sein de Hyundai Heavy Industries, tandis que Marry van der Stel de la FNV Metaal a souligné l’exploitation aux Pays-Bas de migrants venus d’Europe de l’Est.

Redonner des qualifications et procéder à un redéploiement industriel sont importants, a indiqué Thomas Søby de CO-industri, Danemark. Lorsque le chantier de Lindø a fermé, 3.000 emplois ont été perdus. Mais de nombreux travailleurs et travailleuses ont eu de nouvelles formations et ont été redéployés. Maintenant on les emploie à la production d’éoliennes au sein d’un nouveau parc industriel établi sur le site.

Thorsten Ludwig a expliqué qu’en Allemagne, IG Metall avait négocié pour l’obtention de 6% d’augmentation salariale et une réduction de la durée hebdomadaire du travail tandis qu’Elspeth Hathaway d’IndustriAll Europe a évoqué le besoin de développement des compétences. Ce point a été renforcé par la visite de Royal IHC à Kinderdijk, une entreprise qui se sert du développement de produits dédiés de haute technologie pour rester compétitive.

Les normes de santé et sécurité dans le secteur sont dépassées, a indiqué Caspar Edmonds de l’OIT et un Comité d’experts va se réunir à Genève en janvier pour mettre au point un nouveau Recueil de Directives.

Le 1er novembre marquait le premier anniversaire de l’explosion au sein du chantier de démolition de navires de Gadani, au Pakistan, qui a tué 28 travailleurs, deux jours à peine après qu’ils avaient tenu une manifestation pour réclamer de meilleures conditions de sécurité.

Un outil normatif international est nécessaire pour rendre le recyclage des navires sûr et durable du point de vue écologique. Les syndicats font dès lors campagne pour la mise en œuvre de la Convention de Hong Kong, la Convention internationale pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires élaborée par l’Organisation maritime internationale, l’agence de l’ONU compétente en la matière.

La convention de Hong Kong entrera en vigueur lorsqu’au moins 15 pays l’auront ratifiée et si ceux qui le font représentent plus de 40% de la flotte marchande en tonnage brut et 3% des sites de recyclage. Actuellement six pays l’ont ratifiée, la Turquie devant le faire prochainement, ce qui représente 21% du tonnage.

Le gouvernement japonais a apporté un soutien à l’amélioration des conditions au sein des chantiers navals et l’Inde, en particulier, a bien progressé avec 29 chantiers maintenant en conformité avec la Convention et 31 en passe de l’être.

Les délégations d’Inde et du Pakistan ont évoqué les progrès accomplis en matière de syndicalisation au sein des chantiers navals, mais le Bangladesh reste un véritable défi, parce que la syndicalisation sectorielle ou au niveau des pôles industriels n’est pas permise, ce qui signifie que chaque chantier doit être syndiqué par une organisation différente.

Kan Matsuzaki a déclaré :

“La période écoulée a été pleine de défis pour la construction navale, mais le secteur devrait rester solide et nous, les syndicats, allons concentrer notre attention sur une politique durable en vue de protéger nos emplois pour le futur.

"Nous devons renforcer nos fermes actions de solidarité syndicales en vue d’appuyer la ratification de la Convention de Hong Kong afin d’assurer la sécurité et les emplois des travailleurs et travailleuses des chantiers de démolition de navires.”