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Non aux diamants sales!

12.07.2017

Des affiliés d'IndustriALL d'Europe, d'Afrique subsaharienne et d'Inde ont créé un Réseau mondial Diamants pour lutter contre l'exploitation et améliorer les conditions de travail tout au long de la chaîne mondiale de valeur.

Les représentants des syndicats se sont rencontrés à Windhoek, en Namibie, du 3 au 5 juillet pour mettre en place ce Réseau mondial Diamants (RMD) dans le but de mettre fin aux violations des droits de l'homme et d'améliorer les salaires et les conditions de travail dans l'extraction du diamant.

Le réseau RMD aura pour mission de garantir l'emploi et de combattre le travail précaire et le recours à la sous-traitance. La fixation de salaires minimums, le recyclage des travailleurs ayant perdu leur emploi et des indemnités équitables en cas de licenciement collectif permettraient d'améliorer les conditions d'existence des mineurs. L'égalité hommes-femmes, un développement économique durable et une concurrence loyale figurent parmi les revendications majeures.

Le RMD veut collaborer avec des organisations locales et mondiales, y compris avec les firmes impliquées dans le commerce du diamant, ainsi qu'avec les gouvernements. Il fera campagne pour l'adoption de normes de diligence requise aux échelons national et mondial. En l'absence d'une instance réglementaire mondiale pour l'extraction du diamant, le RMD a décidé de participer à des systèmes de certification volontaire crédibles tels que l'Initiative d'exploitation minière responsable (IRMA), et d'appeler les pouvoirs publics à réglementer cette industrie.

Des initiatives de solidarité seront également lancées afin de promouvoir l'externalisation responsable et boycotter les diamants produits dans des conditions qui ne respectent pas les droits de l'homme.

Pour atteindre ses objectifs, le RMD organisera des campagnes pour réclamer la certification des diamants ainsi que des législations du travail, des conventions collectives et des règles de santé et de sécurité qui protègent les droits des travailleurs. Le réseau favorisera aussi l'échange d'informations et de connaissances en matière de syndicalisation, de renforcement des capacités, de négociation collective, d'autonomisation des femmes et de sens du leadership.

Le besoin d'un réseau RMD vient d'un passé dans lequel les diamants étaient associés au sang et à la guerre. L'argent retiré a permis de financer des armées et des milices rebelles dans des guerres civiles qui ont fait près de quatre millions de morts en Sierra Leone, au Liberia, et République du Congo, en Côte-d'Ivoire, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo.

L'extraction du diamant est aussi associée à d'autres violations comme les viols, le travail forcé et le travail des enfants, la dégradation de l’environnement et les risques pour la santé des communautés locales. Le droit international humanitaire a été violé dans le conflit armé qui ravage la République centrafricaine et par les violations des droits de l'homme commises par les forces de sécurité gouvernementales au Zimbabwe.

Les mécanismes existants se sont avérés totalement inefficaces pour remédier à ces situations. Le Processus de Kimberley de certification des diamants, certaines réglementations de l'Organisation de coopération et de développement économiques, voire d'associations de l'industrie telles que le Responsible Jewelry Council n'ont pas servi à grand-chose.

Glen Mpufane, le directeur d'IndustriALL en charge des mines, a déclaré :

Le RMD associera les parties prenantes ainsi que les marques de bijouterie et les distributeurs pour faire en sorte que l'extraction du diamant profite aussi aux travailleurs et que les violations des droits de l'homme cessent.

Yves Toutenel, d'AVC-Transcom (Belgique), et Beverley Murangi, du Syndicat des mineurs de Namibie, coprésideront le réseau.